Auchan et Chronodrive s’unissent contre le projet de loi de Sylvia Pinel
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- Auteur : E.M.
Plutôt discrets d’habitude, les dirigeants de Chronodrive et Auchan ont pris la parole pour confier leur inquiétude face au projet de loi Pinel. Si la perspective de voir les drives soumis aux CDAC ne les réjouit pas, c’est surtout le risque de taxation qui les fait bondir.
Si, sur le terrain, les enseignes Auchan Drive et Chronodrive (groupe Auchan) se retrouvent parfois en concurrence, elles savent s’unir quand le sujet le mérite. Qu’il s’agisse de trouver des synergies, d’échanger des bonnes pratiques ou de défendre leurs intérêts communs. Dernier sujet en date : le projet de loi de réforme de l’urbanisme commercial dévoilé par Sylvia Pinel , qui risque de contraindre sévèrement le développement des drives de deux façons.
L’implantation des drives pourrait en effet être soumise à l’autorisation des commissions départementales d’aménagement commercial (CDAC). « Cette perspective allongerait d’un an et demi environ les délais d’installation » , prévoit Vincent Mignot, directeur général d’Auchan France. Cette mesure ralentirait, au moins momentanément, le rythme de développement de ce circuit de distribution.
Surtout, elle introduirait la possibilité de soumettre les drives à la Tascom (taxe sur les surfaces commerciales ). « En moyenne, cela représenterait une somme de 200 000 € par site et par an , calcule Jean-Philippe Grabowski, directeur général de Chronodrive. Vu les délais de retour sur investissement, c ela compromettrait le développement de notre enseigne » .
« Le drive est un circuit en plein développement, créateur d’emplois », défend Vincent Mignot. Chez Auchan France, le drive représente 5 300 emplois, dont 1 500 ont été créés en 2012. Le chiffre d’affaires devrait s’élever à 600 millions d’euros en 2013 pour Auchan Drive.
Pour sa part, Chronodrive comptabilise 3 000 collaborateurs et prévoit d’en embaucher 2 000 de plus dans les cinq ans. Les projections de ventes portent sur 470 millions d’euros à la fin de l’année. « Si nous sommes taxés, nous subirons un distorsion de concurrence encore plus forte avec des spécialistes du web comme Amazon », redoute également Vincent Mignot. Pour se défendre, les deux dirigeants sollicitent depuis deux mois un entretien avec la ministre, qui n’a pas encore donné suite.