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Projet de loi

Le gouvernement veut s'attaquer au drive "solo"

  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : B. Mo.

Le calendrier prend enfin forme. Attendue depuis bientôt un an, la mesure gouvernementale sur le drive sera soumise à la rentrée 2013 aux parlementaires, dans le cadre de l’examen du projet de loi sur l’aménagement logement et urbanisme rénové. « Nous espérons un vote d’ici la fin de l’année pour une mise en application en 2014 », a souligné Sylvia Pinel, la ministre du Commerce lors de la présentation de son plan d’action, le 19 juin dernier. Le projet de loi entend intégrer dans le droit commun de l’urbanisme commercial « cette nouvelle forme de commerce dont le développement explose et dont les conséquences sur le tissu commercial local de ne sont pas appréhendées. » Actuellement, l’implantation des drives échappe en effet aux Commissions départementales d’équipement commercial (CDAC). Considérés comme des entrepôts et non comme des surfaces de ventes, les drives sont seulement soumis à une autorisation de permis de construire. Résultat : en l’espace d’un an, le parc est passé de près d’un millier d’unités à 2 300.

Avec son projet de loi, l e gouvernement entend surtout freiner l’expansion des drives « isolés ». Ceux là même qui viennent directement perturber l’équilibre d’une zone de chalandise . On peut donc imaginer que les enseignes les plus enclines à ouvrir des drives solo, à l’instar de Chronodrive, Auchan Drive ou Leclerc Drive, vont mettre les bouchées double pour multiplier les ouvertures d’ici 2014.

A contrario, l a mesure gouvernementale devrait avoir très peu d’incidences sur l’éclosion des points de retrait adossés à un magasin. Lesquels s’apparentent davantage à un service proposé aux clients. Or ce modèle représente l’essentiel du parc des drives en France. Sans compter que le taux de couverture des magasins équipés d’un drive atteint déjà un niveau important dans nombre d’enseignes. D’après l’étude Drive Insights, plus de la moitié des Carrefour, Leclerc, Auchan et Super U en sont aujourd’hui pourvus. Cette part s’établit entre 90 % et 100 % pour Géant Casino, Hyper U et Cora. Preuve une nouvelle fois du décalage entre les décisions politiques et la réalité du terrain.

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