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La filière cognac ne veut pas mourir en silence

L’interprofession cognaçaise a de nouveau tiré la sonnette d’alarme face aux menaces de taxes chinoises et étasuniennes qui pourraient mettre à mal toute la filière.
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  • Auteur : Ugo BRUSETTI
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L’heure est grave. La filière cognac n’a jamais été aussi proche du gouffre. D’ici le début du mois d’avril, les surtaxes annoncées par la Chine d’un côté, et les États-Unis de l’autre pourraient avoir des conséquences dramatiques. « Si ces taxes étaient appliquées de manière définitive, nous ne vendrions plus une bouteille dans ces pays-là », a communiqué Florent Morillon, président du Bureau National Interprofessionnel de Cognac (BNIC), à l’occasion d’une conférence de presse organisée ce mercredi 19 mars. Il s’agit en effet des deux premiers marchés de cognac dans le monde. Et de loin. « Deux tiers de nos revenus disparaîtraient » , rappelle Florent Morillon.

L’inquiétude a atteint son paroxysme il y a une semaine après l’ annonce tonitruante de Donald Trump de taxer à 200 % les vins et spiritueux en provenance des pays de l’Union européenne , en réponse à celle de 50 % que la Commission européenne veut imposer aux whiskeys américains à compter du 1 er avril.

Du côté de l’Asie, l’enquête anti-dumping menée par les autorités chinoises sur les eaux-de-vie de vin européennes depuis janvier 2024 traîne en longueur et a été prorogée jusqu’au 5 avril. À cette date, les taxes de 35 % en moyenne pourraient donc être appliquées définitivement. La filière espère beaucoup du déplacement en Chine du Ministre des affaires étrangères français à la fin du mois. En attendant, les ventes se sont déjà effondrées. « Entre novembre et février, les expéditions ont chuté de -65% en moyenne avec une accélération assez nette le mois dernier » , comptabilise Raphaël Delpech, directeur du BNIC.

Avec ses 70 000 emplois, directs ou indirects, la filière veut à tout prix être soutenue par le gouvernement français. Bien qu’à l’écoute, ce dernier ne trouve pas de solutions pour régler cette situation, en particulier vis-à-vis du différend commercial avec la Chine qui, rappelons-le, fait suite à la mise en place de taxes européennes sur les véhicules électriques chinois. « Nous devons être entendus, et fortement, implore Christophe Véral, vice-président du BNIC, autrement, le cognac va mourir et très rapidement. »

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