Les réactions du négoce face au désengagement du château Latour
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Auteur : F.G.
L’annonce du château Latour de se désengager du système des primeurs a suscité une vive émotion. Tout d’abord, la raison invoquée n’a convaincu personne . « Les dirigeants de Latour pourraient au moins avoir l’honnêteté de dire que leur souhait est de s’approprier la valeur ajoutée du château, raille un négociant majeur de la place, sous couvert d’anonymat. Quand ils voient le prix de cession en primeur et celui pratiqué trois ans après sur les marchés asiatiques, ils se disent qu’ils pourraient gagner plus. » A titre d’exemple, le 2008 s’échange aujourd’hui à 800 € la bouteille alors que celle-ci s’était vendue 150 € en primeurs. Aussi, pour conserver toute cette valeur ajoutée, le château Latour n’a pas hésité à remettre en cause un système qui a pourtant largement fait ses preuves.
Vu ainsi, la démarche du château Latour paraît individualiste. « Il ne faut perdre de vue que nous avons une grande part de responsabilités sur la valorisation des grands crus » , poursuit ce même négociant. Lui comme d’autres, vont malgré tout devoir s’en accommoder. « Nous perdons l’une des plus belles lignes de notre tarif » , relate un autre spécialiste des crus bordelais. De son côté, le château Latour va devoir vendre lui-même ses bouteilles . « Officiellement avec la mise en place d'un mode de distribution alternatif, relève un autre acteur majeur . Sauf que celui-ci reste flou. Ceci étant, ils ont le temps de réfléchir à la question puisque le château ne devrait rien commercialiser entre 2012 et 2020. »