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Bilan 2008 : Le champagne perd de sa valeur

  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : J.-L. L.

La « premiumisation » du champagne n’a pas empêché une baisse des ventes en valeur. Malgré le chiffre d’affaires additionnel engrangé par l’inflation sur les bruts sans année des grandes marques et l’émergence de cuvées spéciales, les efforts de marketing et de communication n’ont pas évité un retournement de tendance. Les expéditions du « roi des vins » tous pays et tous circuits confondus ont en effet reculé en volume de - 5 % en 2008 d’après le Comité Interprofessionnel des Vins de Champagne (CIVC) à 322 millions de bouteilles. S’il pourrait être moins affecté par cette baisse, le chiffre d’affaires du champagne sera certainement dans le rouge. A l’étranger, la valeur dégagée par ce vignoble a d’ailleurs reculé de - 6 % à 2,2 milliards d’euros d’après la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux (FEVS).

Des taux de change défavorables ont accéléré la baisse de la demande aux Etats-Unis puis en Grande Bretagne, deux destinations clés. L’euro fort a aussi impacté négativement les résultats. Les groupes ayant une forte exposition internationale comme Laurent-Perrier, avec un recul des ventes de - 22 % l’année dernière, ont ainsi plus souffert que les négociants mieux implantés dans l’Hexagone comme Vranken Pommery (activité stable au global et même à + 1 % sur le champagne) ou Boizel Chanoine (- 5 %). « Malgré l’environnement difficile, notre groupe est fier d’avoir poursuivi son développement en affichant une croissance de l’activité champagne pour l’année 2008 », a déclaré Paul-François Vranken lors de la présentation du chiffre d’affaires 2008 de Vranken Pommery. Nicolas Feuillatte, autant tourné vers la France que vers l’export, devrait également annoncer pour l’année passée un bilan en valeur comparable à 2007.

Cette tendance assez favorable sur le marché intérieur est d’ailleurs confirmée chez Canard-Duchêne (groupe Thiénot) . « Nous nous sommes bien maintenus en France alors que l’activité export a légèrement reculé , constate Clarisse Larnaudie, responsable marketing de Canard-Duchêne. Même si cela provient surtout d’un changement de distributeur en Grande Bretagne. » Constat comparable chez Pernod Ricard, où le second semestre 2008 est nettement plus favorable à Mumm en valeur - la marque est forte en France - qu’à sa cousine Perrier-Jouët aux clients plus lointains…

Reste le cas de LVMH qui n’a publié qu’un recul de - 3 % pour le chiffre d’affaires de son pôle vins et spiritueux . Le propriétaire de Moët & Chandon et de Veuve Clicquot pourtant très diffusés à l’international possède le savoir-faire pour limiter les pertes.