Portrait

Patrick Flahaut, chef de groupe liquides d’Auchan

19 novembre 2013 - Benoît Moreau

Il vit ses dernières négociations commerciales. À bientôt 64 ans, Patrick Flahaut quittera le 31 décembre prochain son poste de responsable des achats liquides à la centrale d’Auchan. Il poursuivra toutefois sa mission de formateur auprès des jeunes acheteurs de l’enseigne, jusqu’en juin 2014, date officielle de son départ à la retraite.

Photo Rayon Boissons

« On ne sert pas les muets. » Patrick Flahaut aime reprendre cette expression de sa mère tant elle sied au métier d’acheteur. « Dans notre profession, il ne faut jamais avoir peur de demander. Si on ne demande rien, on n’obtient rien », décrypte celui qui laissera début 2014 son poste de chef de groupe liquides d’Auchan à Paul-Édouard Pinte, l’actuel acheteur spiritueux et champagne.

À bientôt 64 ans, Patrick Flahaut vit ses dernières négociations commerciales. Il en aura connu 33. En 1980, ce pur produit d’Auchan débute en effet sa carrière d’acheteur dans l’épicerie salée. Dix ans plus tard, Patrick Flahaut prend la tête des liquides. Jusqu’en 2003, il gère toutes les boissons, avant de décider de séparer les vins des autres catégories. « Depuis 23 ans que je suis chef de groupe dans les boissons, j’ai toujours pris soin de garder le suivi des achats de la catégorie bières, indique Patrick Flahaut. J’ai besoin de vivre les négociations de l’intérieur, de me confronter à la réalité des nouveaux outils, à l’évolution de la réglementation, aux attentes des industriels. » Déjà au milieu des années 80, quand il devient chef de groupe épicerie, il tient absolument à conserver une casquette d’acheteur sur le pet-food.

400 acheteurs ont suivi ses cours

Cette passion, Patrick Flahaut la transmet depuis plus de vingt ans aux jeunes acheteurs d’Auchan dans le cadre de leur formation interne. Chaque année, il enseigne à une trentaine d’élèves les fondamentaux des achats lors de trois sessions d’une semaine. Au total, près de 400 cadres de l’enseigne ont participé à ses cours très portés sur la pratique et l’anecdote. « Les négociations ne cessent de se complexifier. Le métier d’acheteur s’est transformé en celui de négociateur, constate Patrick Flahaut. Avant, on cherchait à améliorer le prix d’achat, aujour­d’hui on veut améliorer le prix d’achat en rendu linéaires. Ce qui implique d’intégrer les coûts de la supply-chain. »

Les modifications de loi successives depuis une quinzaine d’années sur les relations commerciales imposent aussi de solides notions juridiques. Sans compter que l’acheteur d’une enseigne de la grande distribution se retrouve parfois confronté à des fournisseurs disposant de plusieurs interlocuteurs. « Les gros industriels ont les moyens humains de travailler plus en détail que nous les différents items liés à la négociation, ils nous présentent des tarifs qui ne correspondent en rien aux hausses des matières premières et matières sèches », relève-t-il. Résultat : les négociations s’éternisent « alors qu’on devrait tout faire pour les boucler avant le 31 dé­cem­­bre pour se consacrer au commerce dès le 2 janvier. »

D’où l’intérêt de bien former les nouveaux acheteurs. Une mission qui ravit Patrick Flahaut. D’autant qu’elle est amenée à se poursuivre jusqu’au 1er juin 2014, date officielle de son départ à la retraite. « C’est génial que la direction d’Auchan me permette de terminer ma carrière en me consacrant à la formation des jeunes acheteurs », indique-t-il. La confiance que lui accorde l’enseigne explique son attachement à son unique employeur depuis 1972. « Je suis arrivé par hasard dans la grande distribution, se remémore-t-il. Par un concours de circonstances, je suis tombé sur le patron d’Auchan alors que je devais rencontrer celui de Flunch pour un entretien d’embauche. »

Patrick Flahaut a fait ses armes pendant huit ans en magasins, d’abord comme responsable de rayon puis comme chef de secteur PGC. La centrale d’achats remarque « ce râleur constructif » et le sollicite pour remonter au siège dans le Nord. « Le même jour, j’avais une proposition pour devenir directeur adjoint en hypermarché, glisse le natif du Pas-de-Calais. Mais l’achat m’intéressait. Je travaillais beaucoup en direct avec des fournisseurs locaux quand j’étais en poste à l’hypermarché de Perpignan. » La fibre de l’acheteur était déjà en lui.

Benoît Moreau

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