Rarement on aura vu les membres d'un même parti s'écharper pour une question somme toute anodine. La quarantaine de députés UMP de la droite dite « populaire » se sont servis de la taxe sur les sodas pour contester la politique du gouvernement . Doublement de l'augmentation de la cotisation sur les boissons sucrées, élargissement aux versions light et même contribution spécifique sur les energy-drinks... ils n'auront rien épargné aux ministres. Lesquels se sont débattus tant bien que mal pour revenir à la philosophie du texte initial présenté fin août par François Fillon. A savoir en faire une mesure de santé publique.
Cette guerre ouverte entre les caciques de l’UMP a eu le don d'exaspérer le président de l'Assemblée nationale en personne. Le 19 octobre dernier sur Canal +, Bernard Accoyer a en effet indiqué que « cette fiscalité diététique ou disciplinaire » lui déplaisait, arguant «qu'on commence par le sucre, on continue par les édulcorants, demain ce sera l'alcool dans le vin, après-demain la graisse dans les fromages. »
Qu'importe ! Nicolas Sarkozy a utilisé la polémique sur la taxation des boissons pour se rabibocher avec la ligne dure de l'UMP. Quitte pour cela à désavouer publiquement son gouvernement. Dans la perspectives des présidentielles en 2012, la droite populaire est censée lui garantir des voix auprès d'un électorat tenté par le Front National. Sauf que la désignation de François Hollande aux primaires de la gauche a bouleversé la donne. Le président de la République se retrouve face à un candidat socialiste apprécié des électeurs centristes et des retraités. D'où l'inévitable tentation de faire aussi plaisir à la frange « sociale » et « gaulliste » de son parti incarnée par François Fillon. Bien malgré eux, les industriels des boissons se sont retrouvés otages de ces calculs politiciens.