Aller au contenu principal

Le négociant girondin Castel tape du poing sur la table

Victime de dégradations à son siège de Blanquefort (33), le 28 février dernier, Castel adresse une lettre ouverte aux vignerons. Annonçant maintenir son action en justice suite à ces exactions, le groupe se met en retrait des institutions de la filière vins de Bordeaux.
  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Chantal Sarrazin
degradations-castel-freres.jpeg

Castel ne semble pas prêt à pardonner. Et, il le fait savoir dans une lettre ouverte non datée publiée sur son site internet. La missive s’adresse au collectif Viti 33 et aux vignerons qui ont déversé un monticule de fumier et de pneus usagés devant les grilles de son siège de Blanquefort, le 28 février dernier. Parce que les photos sont réputées être plus fortes que les mots, le message s’accompagne de photos des exactions commises. Alors que des voix s’élèvent dans le vignoble bordelais, pour calmer le jeu entre la production et le négoce, le groupe confirme sa décision de porter l’affaire devant les tribunaux  : « Une limite a été franchie ce 28 février dernier par ces viticulteurs et nous faisons le choix légitime d’assigner en justice les responsables de ces actes qui devront réparer les préjudices commis. » Selon nos confrères de Vitisphère, l’entreprise demande 100 528 € aux auteurs des faits en vertus des préjudices subis.

Autre annonce forte, Castel indique se retirer provisoirement de toutes les institutions de la filière vins de Bordeaux , afin de faire « entendre sa voix et sa colère ». Autant dire que le climat entre l’entreprise et la production est devenu glacial. « Aucun dialogue, aucune entente ne sera possible tant que continueront de planer des menaces non pas de manifestations, mais de blocages, qui promettent d’autres dégradations, et tant que l’image de l’entreprise Castel et plus largement du négoce ne sera pas restaurée », fait aussi savoir le groupe.

Le texte met également chacun devant ses responsabilités : « Devons-nous croire que la crise actuelle pèse uniquement sur les épaules des négociants ? Que le cours du vrac actuel est le seul levier capable de restructurer la filière dans son ensemble, rétablir l’équilibre de l’offre et de la demande et bien sûr comprendre les causes profondes de la déconsommation et les attentes des consommateurs d’aujourd’hui et de demain ? »

En pleine crise, ces tensions entre le vignoble et le principal négociant de la place bordelaise ne laissent rien présager de bon pour la suite. 

Mots-Clés