La filière des spiritueux s’attend à des mois compliqués

Face aux hausses des coûts de production, aux possibles difficultés d’approvisionnement en énergie et à l’instabilité géopolitique, la Fédération française des spiritueux se montre très prudente sur la fin d'année 2022.

La reprise est là mais l’avenir semble plus incertain que jamais. C’est ce qui est ressorti de la conférence de presse annuelle organisée par la Fédération française des spiritueux (FFS), à Paris, ce mardi 21 juin. En 2021, les ventes de spiritueux sont en effet reparties de l’avant par rapport à 2020, que ce soit en France (+ 4 % tous circuits confondus) ou à l’export (+ 30 %). Malgré tout, le circuit hors-domicile est encore loin d’avoir retrouvé les volumes qui étaient les siens en 2019, avant que la crise sanitaire n’éclate (voir chiffres à retenir).

Surtout, le début d’année 2022 ne laisse rien augurer de bon. « Entre janvier et mai, les ventes sont en recul de - 7 % », signale Jean-Pierre Cointreau, président de la FFS. Lequel insiste sur « des coûts de production en très forte augmentation », indiquant au passage que 10 à 15 % de celle-ci correspondent à l’énergie et de 30 % à 50 % à l’emballage complet (bouteille, étiquette, étui, etc.).

Les problèmes d’approvisionnement en gaz en raison du conflit entre la Russie et l’Ukraine et les tensions sur les matières agricoles ont ou vont avoir un impact important sur les producteurs français. « Dans le pire des scénarios, les perspectives les plus préoccupantes sont liées au gaz et le secteur s’attend à une fin d’année difficile », souligne Thomas Gautier, le directeur général de la FFS.

« Les entreprises et notamment les PME ont su s’adapter et traverser la période Covid sans encombre », rassure néanmoins Jean-Pierre Cointreau. Ajoutez à cela les aléas climatiques (gel, sécheresse, orage), avec « des producteurs d’armagnac touchés cette année et des liquoristes qui pourraient en subir les conséquences », et vous obtenez tout de même des perspectives préoccupantes.

Les chiffres clés à retenir :

- 6,6 %

Il s’agit de la perte de chiffre d’affaires des spiritueux en grande distribution selon NielsenIQ entre janvier et mai 2022 par rapport à la même période l’an passé. Ils ont été pénalisés à 51 % par les whiskies et à 33 % par les anisés.

+ 25 %

Comme la croissance des ventes sur le circuit CHR en 2021 qui s’élèvent à 13 millions de litres. Les alcools blancs (+ 53 %), les rhums (+ 30 %) et les liqueurs (+ 21 %) portent cette dynamique. Les volumes ont néanmoins reculé de - 31 % par rapport à 2019.

- 14,7 %

C’est la baisse des lieux de consommation par rapport à 2019. Plus d’un établissement sur dix a donc fermé ses portes suite à la crise sanitaire.

+ 30,1 %

C’est, en valeur, la hausse des exportations de spiritueux en 2021 qui s’élèvent à 4,9 milliards d’euros.

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