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Résultats 2009 : le triomphe des boissons en GMS

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  • Modifié :
  • Auteur : Benoît Moreau

 

Le prix d’une douzaine d’Airbus A320 ! C’est l’équivalent du chiffre d’affaires additionnel que les boissons vont générer en 2009 dans les hypers et supermarchés. En cumulant et en croisant les données des rayons liquides et vins fournis par les panélistes Nielsen et Iri France, les ventes supplémentaires par rapport à 2008 devraient en effet s’établir autour de 630 millions d’euros. Soit une progression de + 4 % qui permet aux boissons de peser désormais près de 15,5 milliards d’euros en GMS.

La performance est d’autant plus remarquable que les autres rayons alimentaires se montrent nettement moins dynamiques. Le frais LS doit se contenter d’une croissance de + 1 % et l’épicerie de + 1,5 %. Autant dire que dans ce contexte de crise économique et de pouvoir d’achats en berne, les boissons constituent une bouée d’oxygène pour les distributeurs.

Une partie de l’écart avec les autres produits de grande consommation s’explique par une inflation plus marquée dans les liquides. Selon l’Insee, les prix des boissons ont progressé de + 2,5 % entre janvier et octobre 2009 alors même qu’ils sont demeurés stables dans les PGC. Outre une hausse des cours de matière première sur les vins, les boissons alcoolisées ont dû faire face à une augmentation des droits d’accises. Sur les spiritueux titrant plus de 25°, la vignette Sécurité Sociale a notamment subi un relèvement de + 23 % en début d’année 2009. Ce qui coïncide par exemple à une majoration de 0,36 € pour un litre de pastis.

Ces augmentations, en partie absorbées par les industriels et les distributeurs, n’ont toutefois pas enrayé l’essor des boissons alcoolisées en GMS. Loin s’en faut ! Les spiritueux ont engendré 177 millions d’euros supplémentaires. Sous l’impulsion des spéciales et des spécialités, les bières ont glané 100 millions d’euros. Malgré le recul en valeur des champagnes, les vins effervescents vont terminer l’année positivement. Mieux : les vins tranquilles retrouvent leur attractivité avec un chiffre d’affaires en hausse de + 3 %. Remarquable quand on sait que les dernières foires aux vins d’automne sont demeurées globalement stables (cf. article dans ce numéro).

« Les consommateurs ne freinent pas sur la fête peut-être pour oublier leurs difficultés du quotidien », indique Patrick Flahaut, chef de groupe liquides des hypermarchés Auchan. Et d’ajouter « que le rayon des alcools récupère cette frange de la clientèle qui ne va plus au bistrot." La répression de plus en plus sévère des autorités vis-à-vis de l’alcool au volant, l’interdiction de fumer dans les lieux publics et les prix élevés des consommations dans les bars et restaurants incitent les Français à partager un verre entre amis chez eux. Cette propension au cocooning s’accentuant en période de crise.

Les bières ont, quant à elles, profité de la conjonction de plusieurs facteurs favorables en 2009. Leur croissance exceptionnelle de + 7 % tient autant aux transferts de consommation provenant des bars que de l‘impact d’une belle saison estivale. Sans compter que des segments mieux valorisés comme les spéciales et les spécialités ont continué à récupérer des consommateurs de bières de luxe. Et ce, malgré les efforts menés pour redresser la marque Kronenbourg.

La clémence de Dame Nature a constitué une véritable aubaine pour les boissons sans alcool. Pour ces dernières, un revirement de tendance s’est opéré au printemps. « Il a fait beau dans certaines régions dès le mois de mai et cela s’est poursuivi jusqu’en octobre », rappelle Patrick Flahaut d'Auchan France. Résultat : même le marché - ô combien - sinistré des eaux limite les dégâts avec un recul de seulement – 1 % en 2009. Quant aux BRSA, elles ont amené 215 millions d’euros supplémentaires dans le tiroir caisse des hypers et des supermarchés.

«Il convient de rester prudent pour l’an prochain , insiste toutefois Patrick Flahaut. Sur les 25 dernières années nous avons connu les 13 plus gros étés caniculaires du siècles mais jamais deux ans de suite. » D'après Iri France, la progression des sodas et boissons aux fruits gazeuses se limiterait seulement à + 1,6 % sans l'impact météorologique.

RETROUVEZ :

Le tableau récapitulatif sur Exclusif : le bilan de l'année 2009 en chiffres dans le rayon des boissons en GMS

 

L'article complet dans le dossier spécial du numéro de décembre 2009 de Rayon Boissons .

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