Les six chantiers de Carrefour France
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- Auteur : Y.D.
E-commerce, marques de distributeurs, Dia…, Georges Plassat, président directeur général de Carrefour est revenu sur quelques-uns des chantiers de son groupe à l’occasion de la présentation des résultats 2015. Morceaux choisis.
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E-commerce : à l’assaut du click and collect
« Rue du Commerce, c’est un laboratoire. Ce site nous permet d'aller plus vite dans notre développement sur le e-commerce. Il possède une place de marché qui nous amène à élargir nos connaissances sur l’offre et la demande sur le digital. A terme, cela aboutira sur un meilleur amortissement des coûts logistiques et de transports . Enfin, cela va permettre de développer le click and collect. C'est la stratégie que nous voulons mettre en œuvre. Personne ne sera plus efficace pour livrer un client chez lui que le magasin qui est juste à côté. Autour de Rue du commerce, nous avons acquis des sites dédiés à la nourriture pour animaux, au vin que l’on trouve sur le portail Carrefour.fr. S’ajoutent aussi d’autres activités comme les voyages, la location de voitures ou la billetterie de spectacle. »
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P olitique commerciale : une promo plus efficace
« Nous n’entendons rien céder sur le prix, mais pas non plus nous laisser guider par des indices à la journée ou à la semaine. Carrefour est une société qui a le plus utilisé le levier de la promotion. Nos concurrents, plus adeptes de l'everyday low prices, ont depuis un an évolué en accentuant leurs investissements promotionnels. Nous allons devoir bouger sur le sujet en optimisant nos politiques promotionnelles. On travaille à la lance incendie quand on fait de la promo. Un peu plus de précision dans ce métier serait pertinente. Il est aussi nécessaire de revoir nos mécanismes promotionnels qui sont efficaces, mais certainement obsolètes. Sur les drives, nous voulons faire de la croissance rentable. Nous avons aujourd’hui une plate-forme pour les drives consternante. Elle sera très prochainement renouvelée. »
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Les MDD : vers une disparition de la marque Carrefour
« Nous travaillons sur le positionnement de nos marques propres. L’image n’est pas mauvaise, mais elle peut être bien meilleure que ce qu’elle est actuellement. Nous allons faire évoluer nos gammes en supprimant progressivement sur les packs le terme Carrefour pour la remplacer par le logo. Celui-ci est complètement associé à l’appellation. Ce nom qui est assez long est démultiplié en rayons et nous avons l’impression de voir que du Carrefour, surtout en proxi. Nous sommes aussi en train de relancer les contrôles de qualité, y compris organoleptiques. Carrefour ne doit pas céder sur ce terrain. Sur les entrées de gamme, elles ont été délaissées à un moment donné. Ce qui a offert une clé d’entrée au hard-discount. Nous allons les relancer dans l’esprit des produits libres. »
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L’intégration de Dia : une reconversion achevée en 2017
« Aucun regret sur l’acquisition de Dia en France. C’est un réseau de 800 magasins et la reconversion s’achèvera en 2017. Nous avons dû fermer autour de 140 magasins, dont une cinquantaine à la demande de l’Autorité de la concurrence. Les magasins sont répartis entre différentes enseignes du groupe, dont pas mal de Contact, mais aussi des City et des supermarchés. Il faut aujourd’hui faire les investissements en termes de rénovation des magasins, de l’organisation logistique et de formation du personnel. C’est un chantier colossal qui sera bénéfique pour le groupe Carrefour. »
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Hypers : être plus proche de ses clients
« Les hypermarchés restent le fondement culturel du groupe Carrefour, même si leur poids est passé en huit ans de 65 % à 50 % de l’activité. Une entreprise comme Carrefour a pour obligation d’avoir des magasins pilotes comme à Mons en Belgique ou Carugate en Italie. Il faut lâcher la bride. Ma vision des hypers dans le futur : des gros magasins plus proches des clients, la fonction restauration sera plus forte et efficace qu’aujourd’hui, il y a aura une zone de click & collect renforcé, des services complémentaires, une digitalisation plus importante avec des écrans. Cela tournera toujours autour d’un parking efficace, voire des logements ou pourquoi pas la création à proximité de cabinets médicaux. »
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Proximité : davantage de Carrefour Bio
« Les petits magasins de type Contact, City, Bon App, qui associent le monde de l’épicerie et de la restauration, et à qui je prédis un bel avenir, prennent une place très importante dans le groupe.[…] Nous sommes les premiers sur les vendeurs de produits en bio . Nous avons peu de magasins Carrefour Bio aujourd’hui, mais il y en aura plus dans l’avenir. Dans le domaine du bio, nous allons utiliser la stratégie multicanal, des hypers aux points de vente de proximité, voire du digital. »