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L’été pourri de Carrefour

  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Benoît Moreau

Juillet n’a pas seulement été marqué par une météo calamiteuse. Une autre zone de turbulence s’est abattue sur Carrefour durant l’été. E ntre l’échec du rapprochement avec Grupo Pao de Açucar (GPA) au Brésil, une introduction ratée de Dia à la Bourse de Madrid, des performances en France franchement décevantes et un jeu de chaises musicales au sein de la direction exécutive du groupe , jamais le malaise n’a semblé aussi profond.

Pourtant, la période estivale aurait dû démarrer par une bonne nouvelle. Début juillet, le conseil d'administration de Carrefour avait approuvé le projet de fusion de sa filiale brésilienne avec GPA. L'idée est portée par Abilio Dinz, président de ce leader de la distribution au Brésil, avec l'aide d'investisseurs locaux. Sauf que GPA a pour partenaire Casino. Lequel détient 43,1 % du capital et exerce le contrôle à parité avec Abilio Diniz. L e PDG de Casino, Jean-Charles Naouri, s'est opposé à ce rapprochement. Un refus compréhensible puisqu'il doit lever une option d'achat sur GPA en juin 2012 et devenir le seul maître à bord . Dans la foulée, l'un des investisseurs brésiliens, qui devait injecter deux miliards d'euros dans l'opération, se retire du projet.

Carrefour est obligé de battre en retraite. Le PDG du groupe, Lars Olofsson, comptait sur le rapprochement avec GPA pour rassurer les investisseurs et ses actionnaires de référence, Bernard Arnault et Colony Capital. Mieux : cette fusion entre les deux premiers distributeurs au Brésil aurait dû éclipser les piètres résultats semestriels de Carrefour, notamment en France. A périmètre constant et tous formats de magasins confondus, le groupe a en effet vu son chiffre d'affaires (hors carburant) reculer dans l'Hexagone de – 0,5 % au premier semestre 2011. Pis, les ventes dans les hypermarchés français ont chuté de - 3,3 % sur le second trimestre.

Des têtes tombent

Le cuisant échec brésilien a laissé des traces et... des têtes. Début août, Patrice Lambert de Diesbach a démissionné de son poste de directeur de la communication financière et des relations avec les investisseurs . Transfuge de Philips Electronics, Pierre-Jean Sivignon vient de rejoindre Carrefour en tant que directeur exécutif finances et gestion en lieu et place de Pierre Bochut. Lequel prendra en novembre prochain la tête des marchés de croissance en remplacement de Thierry Garnier, dont la fonction reste à déterminer .

Pour l’instant, Lars Olofsson est épargné. Mais son aura auprès de Bernard Arnault et Colony Capital sort écornée de ces épreuves estivales. Il a notamment fait preuve de négligence sur le montage juridique et financier dans l'affaire GPA. Propulsé PDG lors de l’assemblée générale de Carrefour en juin dernier, il devra rapidement prouver qu’il est bien capable de redresser la barre et le cours de l’action du groupe tombé à son plus bas niveau depuis 1995. Certains analystes évoquent sa volonté de démanteler le groupe avec d'un côté l'activité des pays émergents et de l'autre celle concernant l'Europe occidentale. Histoire de tirer un trait sur ce maudit été 2011.

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