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Polémique

Boissons énergisantes : vers un nouveau cadre législatif ?

  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : E Martel

La réponse du gouvernement n’aura pas traîné. Suite à la mise en garde de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) au sujet des boissons énergisantes. Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé, a demandé à l’organisme de renforcer la vigilance vis-à-vis de Red Bull, Monster et consort s. Elle appelle, en outre, au respect de certaines précautions. La consommation est par exemple déconseillée aux femmes enceintes et aux sportifs. Le ministère recommande par ailleurs de limiter la consommation à une demi-canette de 250 ml lorsque la boisson contient à la fois de la caféine, de la taurine et du glucuronolactone à des doses élevées. Quant à l’association avec des boissons alcoolisées, des substances ou médicaments ayant une action sur le système nerveux central ou des effets neurologiques, elle est également proscrite.

Ce n’est pas la première fois que les energy-drinks sont pointés du doigt par les organismes de santé publique. Lors de l’arrivée de Red Bull dans l’Hexagone en 2008, Roselyne Bachelot, ex-ministre de la Santé, n’avait pas hésité non plus à prendre position publiquement contre la boisson, recommandant aux parents, « par mesure de précaution, de boycotter l’energy-drink » , jugeant au passage la formule « sans intérêt nutritionnel ou énergétique ».

Les deux décès dont l’Anses a récemment reçu le signalement dans le cadre du dispositif de « nutrivigilance » ne sont malheureusement pas des cas isolés . En 2001, trois personnes étaient mortes en Suède après avoir ingéré du Red Bull. Deux d’entre elles avaient fait des mélanges avec de l’alcool tandis que la dernière venait de produire un effort intensif avant d’ouvrir sa canette. En Irlande, un cas similaire avait été rapporté peu de temps après. Cette foi, la cause était une pratique assidue du basket associée à une forte consommation de Red Bull. Jusqu’à présent, le lien entre la consommation de ce type de boisson et les décès n’a pas pu être établi de façon irréfutable.

Mais dans le doute et pour calmer la polémique, l e gouvernement pourrait être tenté d’encadrer davantage la commercialisation des energy-drinks. La CLCV, association nationale de consommateurs et usagers, réclame notamment que les fabricants d’energy-drinks cessent le sponsoring d’événements sportifs et d’athlètes et mentionnent sur les canettes que ces boissons ne sont pas compatibles avec des efforts intenses. Une mesure qui pourrait s’avérer redoutable tant le modèle de communication des energy-drinks est basé sur l’univers du sport. Une réflexion sur les teneurs en caféine est également réclamée. Les pouvoirs publics pourraient aussi décider de soumettre les energy-drinks au même cadre légal que les boissons alcoolisées auxquelles ils sont associés. Avec, là encore, un impact majeur sur les ventes …

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