L’Autorité de la Concurrence contraint Agrial à revendre les cidreries de Val de Vire acquises en 2009
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Auteur : K.E.
La prise de contrôle de l’ensemble de l’activité d’Elle&Vire par le groupe coopératif Agrial (détenant CCLF/CSR) vient d’être acceptée par l’Autorité de la Concurrence. Seulement, cette décision vient secouer le monde du cidre. Car elle remet en question l’acquisition de l’activité cidre d’Elle&Vire opérée par Agrial en … juin 2009.
Comme le précise un communiqué de l’Autorité de la Concurrence diffusé hier « l ’acquisition de l’activité cidricole d’Elle&Vire par Agrial réalisée le 30 juin 2009 n’avait pas été soumise au contrôle des concentrations puisqu’elle n’atteignait pas les seuils de notification prévus au Code du commerce. » Le rachat des cidreries normandes de Condé sur Vire (50) et de Cahagnes (Cidrerie Dujardin dans le Calvados) avaient donc été acceptées à l’époque. La reprise de l’activité laitière d’Elle&Vire survenant moins de deux ans après celle des cidreries, c’est l’ensemble des deux opérations que l’Autorité de la Concurrence a, depuis, étudié.
La situation de position dominante ayant été démontrée, Agrial a dû s’engager à revendre ses deux cidreries acquises en 2009 « avec l’ensemble des actifs et des contrats nécessaires au fonctionnement de celles-ci. » Voilà une situation surprenante et inédite qui met bien la filière dans l’embarras. « Nous allons rapidement missionner un mandataire indépendant pour rechercher des acquéreurs », a précisé à Rayon Boissons, Franck Malinowski, dirigeant de la branche cidricole d’Agrial. Lequel a bien essayé de faire comprendre à l’Autorité de la Concurrence ce qu’était la réalité de ce marché : « il ne représente que 0,5 % du marché des liquides. Il n’est pas en forte croissance et nécessite un leader fort pour entraîner l’ensemble de la filière vers le haut ». D’ailleurs, au moment du rachat en 2009, aucun concurrent n’avait saisi la DGCCRF.
Une chose est certaine : les acquéreurs ne vont pas se bousculer au portillon. Certes, Agrial a remis l’activité cidre de feu Val de Vire à l’équilibre, alors qu’elle perdait 1,8 million d’euros en 2009. Mais cet équilibre repose sur une organisation intégrée au groupe Agrial. Si d’aventure le groupe coopératif ne trouvait aucun intéressé, la DGCCRF pourrait bien, in fine, l’autoriser à les conserver mais sous certaines conditions . Et ce sont ces conditions qui inquiètent déjà certains opérateurs.