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Portrait de David Roussier, directeur général de la Distillerie de Warenghem

Après son mariage avec Anne Leizour, fille de l’ex-dirigeant de la Distillerie de Warenghem, David Roussier a épousé l’univers des spiritueux et surtout celui du whisky breton. Le jeune financier a apporté son sens des affaires et sa créativité pour développer l’entreprise de Lannion (22).
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  • Modifié :
  • Auteur : Jean-Louis Laboissière
DAVIDROUSSIER

Il est tombé par hasard dans la potion magique. Auditeur dans un cabinet financier et fraîchement diplômé d’une école de management, David Roussier ne se doutait pas que sa rencontre avec Anne Leizour, en 2005, allait changer sa vie personnelle puis sa trajectoire professionnelle. Deux ans plus tard, ils sont mariés. Contrôleuse de gestion, Anne est l’une des deux filles de Gilles Leizour, propriétaire de la Distillerie de Warenghem de Lannion (22). À la fin des années 2000, aucun enfant n’est intéressé pour prendre la suite de la société pionnière sur le whisky breton lancé en 1983. Fondée par Léon Warenghem en 1900 autour d’une spécialité aux plantes baptisée Elixir d’Armorique, la PME écoule par ailleurs des liqueurs et crèmes de fruits, de l’eau-de-vie de pomme et du chouchen. Alors, en 2009, le gendre se dévoue et se prend de passion pour ces alcools artisanaux. « Ce sont des supers produits, avec une origine et un savoir-faire, et il est agréable de travailler dans le milieu des spiritueux. Je n’aurais pas repris l’entreprise si elle avait fabriqué des boulons », lance David Roussier en affichant un large sourire. Mais celui qui célèbre en ce moment ses 10 ans dans la structure familiale se fait plus sérieux pour parler stratégie. « Dès mon arrivée, j’ai voulu orienter le développement vers le haut de gamme car c’est la seule manière d’exister pour une distillerie artisanale », argumente le Nantais de 37 ans. Passé par le marketing et l’export avant de prendre totalement les rênes en 2011, il aura multiplié les initiatives : changement de packagings, refonte des gammes, essor des marchés étrangers et des circuits traditionnels dans l’Hexagone ou encore participation à de nombreux salons. En 2016, il impulse un grand plan d’investissements de deux millions d’euros sur trois ans pour une entreprise de 20 salariés qui réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires de 3,5 millions d’euros. Ces dépenses se destinent notamment à la construction d’un nouveau chai pour accompagner le doublement de la production qui atteint 500 000 bouteilles par an. Dans un autre registre, elles permettent de prendre le virage du spiritourisme avec un espace de visite entièrement remodelé, tout comme la boutique adossée au site de production. David Roussier s’est ici inspiré des circuits de visite des distilleries écossaises qu’il a beaucoup étudiés. Le DG voudrait accueillir jusqu’à 20 000 visiteurs d’ici cinq ans contre 12 000 prévus pour cette année. Et quid des ambitions pour les prochaines années ? « Nous pourrions passer assez vite à quatre ou cinq millions d’euros de chiffre d’affaires mais cela mettrait à mal les stocks. Il vaut mieux accélérer progressivement pour laisser vieillir plus longtemps », explique celui qui applique la même méthode quand il pratique la course à pied. Armorik son chouchou L’essentiel du stock se destine à présent à une marque prioritaire pour David Roussier : Armorik. Si les eaux-de-vie de grain lannionaises ont été incarnées par la signature WB dans les années 1990, puis ensuite par Galleg, Armorik concentre désormais l’attention. Ce malt décliné sur de multiples versions en fonction des réseaux s’avère un gage de différenciation, d’image et de rentabilité. « Armorik vient de connaître une forte croissance pour atteindre 150 000 bouteilles », signale celui qui préside par ailleurs le syndicat du whisky breton. Véritable pépite pour la distillerie, lancée par Gilles Leizour en 1998, Armorik a commencé par briller en foires aux whiskies avant de gagner sa place en fond de rayon. Une création de son beau-père que David a vite adoptée.

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