Chris Cools, Président d’AB-InBev Europe du Sud (France, Italie, Espagne, Cuba)
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Au siège d’ AB-InBev France à Lille, nul besoin de frapper au bureau du patron pour rencontrer Chris Cools, son président . S’il n’est pas en Italie, en Espagne ou à Cuba – les trois autres filiales de la Business Unit Europe du Sud* qu’il dirige – ce dernier vous accueillera au milieu de ses collaborateurs, dans un « open space ». Inutile de chercher l’homme au costume-cravate. Chris Cools semble plutôt adepte du jean-chemise. Ici, « le bon sens et la simplicité valent mieux que la complexité et la sophistication » , peut-on lire sur le totem des dix principes d’AB-InBev placé en évidence au deuxième étage de l’immeuble Crystal.
Chaque salarié dispose de sa version miniature, à la façon d’un marque-pages ou d’un pense-bête. Au verso de ce document, apparaissent également les six compétences dont il faut faire preuve chez AB-InBev pour durer. Morceaux choisis : « penser grand et accepter les défis d’envergure », « agir en tant que propriétaire de l’entreprise », « montrer l’exemple », etc. « Ces préceptes constituent l’ADN du groupe, né du mélange explosif entre le meilleur d’Interbrew et le meilleur d’Ambev », commente Chris Cools qui connaît les règles maison sur le bout des doigts.
Derrière ces commandements se lit nettement l’influence d’un homme, le brésilien Carlos Brito, pdg d’AB-InBev (cf Rayon Boissons d’avril 2009 p.120). « Tous ses discours sont effectivement très orientés vers la performance », témoigne Chris Cools. Sa réputation de « cost-killer » n’est plus à faire et son credo arrive au premier rang des dix commandements du groupe : « être le meilleur brasseur dans un monde meilleur ». « Etre le meilleur brasseur sous-entend réaliser le meilleur chiffre d’affaires, la meilleure rentabilité à l’hectolitre, la meilleure croissance, etc., commente Chris Cools. Rien qui ne soit pas mesurable.» Quant au monde meilleur … « Il s’agit de prendre soin de l’environnement, de nos consommateurs et de nos collègues, ajoute-t-il. Ce qui signifie bien plus que planter un arbre. »
Chez AB-InBev, la quête d’excellence et d’efficacité se retrouve partout. Dans les discours, mais aussi et surtout dans les méthodes de travail. Pour chaque collaborateur ont été fixé des objectifs clairs et mesurables. « Et tous sont évalués et payés en fonction », commente le pdg de la filiale française. D’où des tableaux de bord extrêmement détaillés. La fiche baptisée « Sales Excellence Program » affichée dans les bureaux montre quasiment en temps réel les performances commerciales de la filiale. « Nous nous sommes vraiment améliorés sur ce point depuis la fusion avec AmBev », commente Chris Cools.
Les résultats s’en ressentent. En 2009, les ventes de Leffe et d’Hoegaarden, les deux locomotives d’AB-InBev France, ont fait un bond de plus de 20 % en hypers et supers. Même en CHR, où les ventes de bières ont pourtant reculé de – 5 %, les volumes du troisième brasseur du marché français ont progressé. Dans l’Hexagone, AB-InBev a dégagé 209 millions d’euros de résultats nets en 2009. 630 millions pour la Business Unit Europe du Sud. « Nous sommes très contents de notre rentabilité », reconnaît Chris Cools, sans pour autant relâcher la pression sur les coûts. « Nous évaluons en permanence que chaque euro dépensé l’est à bon escient, commente Chris Cools. Qu’il s’agisse d’argent qui ne travaille pas, comme les loyers et bâtiments ou d’argent qui travaille comme celui investi dans une opération promotionnelle. » Exemple parmi tant d’autres : Chris Cools privilégie le taxi lorsque plusieurs jours de parking à l’aéroport s’avèrent plus onéreux.
Rien n’est donc dépensé inutilement, encore moins le temps. Les revues mensuelles faites par les équipes françaises ou italiennes auprès de Chris Cools ne prennent qu’une heure. Point vert ! Pas besoin de s’appesantir. Point rouge ! Quelles en sont les causes et quelles actions correctives sont prévues pour y remédier ? Rapide, efficace. A son tour, Chris Cools ne passe qu’une heure à relayer l’information auprès du président d’AB-InBev Europe de l’Ouest.
Fidèle aux valeurs de son groupe, Chris Cools se montre exigeant vis à vis de ses collaborateurs . Il s’investit lui-même énormément. « A 120 % dans la semaine, confirme-t-il. Le week-end, en revanche, je le consacre entièrement à ma famille, en Belgique.» Un principe que ses deux filles de douze et huit ans ont désormais bien intégré. « Je les ai amenées au bureau une fois lorsqu’elles étaient plus petites, se souvient-il. Pour leur prouver que je ne partais pas en vacances sans elles à Milan chaque semaine ! » Une journée aura probablement suffit à leur montrer que le job de papa n’avait rien d’une sinécure.
Karine Ermenier
Précision : La business Unit Europe du Sud est amenée à disparaître dans la nouvelle organisation d’AB-InBev. La France rejoindra la Business unit Benefralux aux côtés de la Belgique, du Bénélux et des Pays-Bas.