Bière : un marché stable, des brasseries sous pression
À quelques encablures du Salon international de l’agriculture, Brasseurs de France dresse le bilan 2025 de la filière brassicole. Un marché qui résiste côté consommation, mais avec une équation économique de plus en plus tendue pour les brasseries.
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Auteur : Camille Bourigault
La bière tient la barre côté consommation, mais lutte côté production. Après deux exercices marqués par une contraction des volumes, la bière a retrouvé en 2025 une trajectoire stable. En effet, d’après le dernier bilan du syndicat Brasseurs de France, les achats en grande distribution sont repartis légèrement à la hausse (+1,2%), soutenus par des circuits en progression comme le drive et les magasins à marques propres, quand les formats hypers et supers ont peiné à retrouver du dynamisme. En parallèle, la consommation hors domicile, qui reste structurante pour la catégorie, a continué de s’éroder en volume (-1,5%).
Sur la période estivale, traditionnellement déterminante pour la bière, l’exercice 2025 a affiché un léger mieux par rapport à l’année précédente. Si cette amélioration ne suffit pas à modifier l’équilibre annuel, elle met en lumière des tendances de fond : sur les mois de juillet et août, la croissance est essentiellement portée par les références sans alcool, avec 600 000 litres supplémentaires.
En revanche, côté brasseries, le contraste est marqué. La France conserve le parc le plus dense d’Europe, avec environ 2 500 sites de production, mais ce modèle est fragilisé par la hausse durable des charges. Énergie, eau, emballages, fiscalité et environnement réglementaire tendu réduisent les marges de manœuvre, dans un secteur composé quasi exclusivement de petites structures. En 2025, le nombre de fermetures (209) a quasiment rejoint celui des créations (213), confirmant l’entrée de la filière dans une phase de consolidation. Pour préserver leurs équilibres, les brasseurs multiplient ainsi les ajustements. Mutualisation d’outils, rapprochements industriels et élargissement de l’offre deviennent des leviers clés. En grande distribution, certains formats gagnent du terrain, comme la canette ou la bouteille de 75 cl. Sans oublier le sans alcool qui s’impose comme relais de croissance, avec une part de marché volume de près de 6 % et une progression à deux chiffres qui suscite un intérêt croissant des producteurs. 40 % des brasseurs interrogés en produisent à date et 30 % déclarent avoir un projet en cours. Une tendance qui va dans le sens de l’histoire, avec une consommation d’alcool qui diminue d’année en année au sein de la société.