Dominique Reiniche, Présidente Europe de The Coca-Cola Company
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A 57 ans, Dominique Reiniche dirige la branche européenne de The Coca-Cola Company. Elle a sous ses ordres 60 000 salariés dans 38 pays différents et gère 180 marques qui génèrent un tiers du chiffre d’affaires mondial de la firme.
Selon le dernier classement réalisé en octobre 2012 par le magazine Fortune, Dominique Reiniche est la femme d’affaires française la plus influente du monde . Elle est également la seule femme du comité exécutif monde de The Coca-Cola Company depuis 2005. Certains de ses collaborateurs pressentent même qu’elle deviendra un jour la première femme à la tête de la firme d’Atlanta. Et pourtant rien n’a été simple au début dans un monde des affaires dominé par la gente masculine. « J’en ai essuyé des plâtres , s’amuse-t-elle. Il a fallu que je trace ma propre voie. Il n’existait pas de modèle féminin à ce type de postes à mes débuts ».
L’envie de prendre son destin en mains, la quinquagénaire l’a toujours eue. « Ma mère, qui faisait de la peinture sur soie, a regretté d’avoir mis son activité entre parenthèse pour élever ses enfant , confie la présidente Europe de The Coca-Cola Company. Cela a sans doute contribué à mes envies d’autonomie financière ». Cette admiratrice de femmes comme Simone Veil ou Françoise Giroud fait également partie des premières étudiantes de l’Essec . A trois ans près, elle n’aurait pas été admise au seul prétexte qu’elle était une femme.
Une exigence légendaire
Tout juste diplômée de la prestigieuse école de commerce, elle entre chez Procter & Gamble en 1978 , « l’école de l’exigence » précise-t-elle. Ses collaborateurs chez Coca-Cola le savent bien. Dominique Reiniche déteste l’amateurisme . Gare à ceux qui arrivent les mains dans les poches ! « Même si je mets plus les formes que par le passé, je revendique mon autorité, admet-elle. Mais je suis juste ». Au quotidien, la patronne croit surtout aux vertus de l’action . « Je consacre 20 % de mon temps à la stratégie et 80 % à sa mise en œuvre, détaille-t-elle. Comme j’ai coutume de le répéter à mes équipes : le diable se cache dans les détails ». Et pour traquer les imperfections, cette mère de trois enfants – une fille et deux belles-filles, auprès desquelles elle est présente le week-end, sauf exception - ne manque pas d’énergie. « J’essaie de la transmettre à mes équipes », précise Dominique Reiniche.
Avant ses propres succès, la présidente Europe de The Coca-Cola Company aime souligner le travail de ses collaborateurs, « des gens brillants ». Elle aime aussi parler des multiples combats qu’elle mène : l’accès des femmes aux postes opérationnels, l’égalité des chances, le développement durable, l’encouragement à la pratique sportive et à la diversité, le maintien d’une économie européenne dynamique, etc.
Elle a d’ailleurs nommé Véronique Bourez au poste de présidente de Coca-Cola France en 2010 et assiste tous les ans au Women’s Forum. « Il faut montrer aux femmes qu’elles peuvent accéder aux plus hauts postes, qu’elles ne doivent pas avoir peur de lever le doigt tout en leur facilitant la vie avec de la flexibilité , s’enthousiasme Dominique Reiniche. Par mon parcours, je veux leur montrer que concilier sa carrière et sa vie de femme et de mère est possible ».
Ardente militante de la cause féminine, la femme d’affaires sait aussi mettre son talent d’oratrice au service de la profession. En novembre 20012, elle a une nouvelle fois été nommée présidente de l’Unesda, l’Union européenne des boissons sans alcool , où elle avait notamment défendu la transparence de l’étiquetage. En décembre, elle a pris la parole aux entretiens de Royaumont pour débattre de l’avenir du travail et de l’envie d’entreprendre en Europe. Avec vigueur, comme toujours…
Par Elodie Martel