Aller au contenu principal
Portrait

Jean-Luc Butez, fondateur d’IBB

  • Publié :
  • Modifié :

Les bières artisanales, aux goûts parfois extrêmes, sont la nouvelle marotte de Jean-Luc Butez. À la tête d’une des principales sociétés françaises d’importation de bières, il compte bien les développer en hypers et supers.

Butez article 2

Entrepreneur hyperactif, overbooké entre ses multiples activités d’importateur, de brasseur et de patron de restaurants, Jean-Luc Butez ne voit presque plus le temps passer quand il parle des craft beers, ces bières artisanales nées aux États-Unis et devenues pour certaines des référen­ces au niveau mondial.

Intarissable sur le sujet, le fondateur d’IBB – qui fournit principalement des bières de spécialités pour le marché hexagonal – vous fait alors goûter sa Bellerose, brassée dans le Nord et qu’il a imaginé comme une craft beer à la française. Vous humez ensuite les arômes de fruits tropicaux d’une autre bière dénichée outre-Manche, avant qu’il n’égraine avec passion les histoires d’une poignée de pionniers , comme si vous y étiez.

Des révolutionnaires et des punks

« Tout a commencé il y a une trentaine d’années aux États-Unis, quand Jim Koch a relancé une vieille brasserie, explique Jean-Luc Butez. Son objectif était clair : il voulait faire la révolution face à l’omniprésence des grands brasseurs. Il a donc créé sa propre Sam Adams lager mais aussi des bières plus extrêmes, parfois vieillies dans des fûts de bourbon ou de cognac et titrant jusqu’à 27°. » Le dirigeant d’IBB ne tarit pas d’éloges sur les mérites des créateurs d’une autre brasserie, nommée Brewdog et qui a vu le jour bien plus récemment en Écosse. « Ils ont décrété qu’ils étaient des punks et qu’ils voulaient réinventer la bière. Ce qu’ils font avec des produits incroyables, dix ou vingt fois plus houblonnés, par exemple, que ce que ferait un brasseur classique. »

« En matière de craft beers, il n’y a pas de limites, d’où une grande diversité de goûts et de prix, enchaîne Jean-Luc Butez. En format 75 cl, les bières du Danois Mikkeller peuvent facilement monter au-dessus des 20 €. » De quoi dérouter nombre de consommateurs et de distributeurs, peu habitués à sortir à ce point des sentiers battus. Mais Jean-Luc Butez croit profondément au succès de ce type de bières , au moins celles dont les tarifs sont compatibles avec ceux des magasins français. « Le phénomène des craft beers est bien plus important que la vague des bières de spécialités que j’ai vu arriver il y a une vingtaine d’années, affirme-t-il. Depuis deux ou trois ans, la bière est devenue super tendance, notamment sur le web. C’est un produit jeune et convivial, qui remplit le même usage que le vin tout en étant plus abordable, puisque les consommateurs ne sont pas complexés par un vocabulaire spécifique. »

Le succès de nombreux bars et brasseries nouvellement montés à Paris et en province va incontestablement dans le sens du discours du patron d’IBB, qui a déjà vendu « plusieurs centaines de milliers de litres de Brewdog dans les cafés » et qui compte désormais développer le segment des bières artisanales en grande distribution. « Notre rôle est de proposer aux distributeurs ce qu’ils nous demandent mais aussi ce que le public va bientôt leur demander » , argumente-t-il.

Pour cela, l’importateur mise sur quelques-unes des signatures les plus emblématiques du mouvement : Samuel Adams, Brewdog, Mikkeller, etc. « Comme je les connais depuis longtemps, j’ai pris de nombreuses exclusivités de ces brasseurs » , se réjouit Jean-Luc Butez. Et comme l’homme est plein de ressources, il pousse aussi sa Bellerose déjà référencée dans plusieurs enseignes. La brasserie des Sources, qui la fabrique, verra d’ailleurs sa capacité de production tripler courant 2015. L’artisan du développement des craft beers en GMS est, en effet, aussi artisan brasseur.

Jacques Bertin

Mots-Clés