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La success-story du prosecco ne faiblit pas

Le prosecco continue de grimper en grande distribution, avec plus de 23 millions de bouteilles vendues en un an (+ 14 %). Accessible et populaire, l'effervescent vénitien rivalise désormais avec les blancs de blancs et les champagnes.
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  • Auteur : Chantal Sarrazin
Riccadonna, la signature de prosecco distribuée par Campari France, va intensifier ses animations en fin d'année.

Riccadonna, la signature de prosecco distribuée par Campari France, va intensifier ses animations en fin d'année.

Mais, où s'arrêtera la formidable ascension du prosecco ? Chaque année, la question revient. Et chaque année, la réponse est la même : toujours plus haut. Dernier record en date, plus de 23 millions de bouteilles écoulées en grande distribution sur 12 mois arrêtés au 17 août 2025, avec des ventes qui ont encore bondi de près de + 14 %. Au point de peser pratiquement autant que les mousseux blancs de blancs, dont les sorties ont atteint 24,7 millions de cols au cours de la période, et de venir tutoyer les champagnes, à 26,9 millions de cols. « À ce rythme, il y a fort à parier que l'effervescent vénitien surpassera le roi des bulles d'ici un à deux ans », estime un analyste. Avec « seulement », 10,5 % de foyers acheteurs en 2024, selon Kantar, le prosecco en a encore une belle marge de progression. 

D'autant qu'après la secousse inflationniste, les étiquettes se sont enfin stabilisées. « C'est un vin accessible au plus grand nombre, souligne Emmanuelle Bossard, directrice marketing chez Campari France, distributeur de Riccadonna, la marque leader de la catégorie. Le premier critère d'achat reste son rapport qualité-prix, immédiatement suivi par le goût. Et sa popularité n'est plus à démontrer : avec 60 % de notoriété assistée, il se classe juste derrière le champagne. » Bref, tous les espoirs sont permis. De quoi attiser un peu plus la compétition entre les opérateurs. « Les petits acteurs sont bien moins nombreux qu'auparavant, constate Frédérique Lenoir. Le marché se concentre désormais autour d'une poignée d'intervenants nationaux. D'ailleurs, l'essor du prosecco ne s'explique plus par l'augmentation de l'offre, mais bien par la hausse de la demande. » Les signatures d'enseignes ont également investi ce segment porteur, et commencent à peser lourd. Un quart des volumes des bulles vénitiennes vendus en grande distribution passent en effet sous leur coupe. « Elles parviennent à séduire les consommateurs en quête de bonnes affaires grâce à leurs étiquettes plus abordables que celles de leurs concurrentes », constate un spécialiste.

Mionetto et Perlino s'animent au travers des cocktails

Face à ces rivales, les marques nationales sont donc plus que jamais sur le pont. Le leader Riccadonna se concentre ainsi sur ses animations croisées avec Apérol, cet apéritif également distribué par Campari France indispensable à l'élaboration du spritz, le cocktail qui a littéralement dopé les ventes de prosecco sur la planète. « Ce dispositif demeure plus que jamais la clé de voûte de nos activations en magasins, précise Emmanuelle Bossard. Nous y implantons des meubles dédiés à nos deux références. La période estivale constitue le point d'orgue de ces opérations. Toutefois, nous allons les intensifier au moment des fêtes de fin d'année pour occuper le terrain sur cet autre temps fort de la consommation des vins effervescents. » 

À sa suite, Perlino et Mionetto poussent aussi leur gamme en jouant la carte du cocktail. Le premier promeut ainsi le Hugo Spritz, un cocktail à réaliser avec du prosecco Perlino et la liqueur de sureau de Marie Brizard. « Nous jouons la synergie entre nos deux signatures, explique Benoît Paris, chef de groupe apéritifs et vins effervescents de La Martiniquaise. Nous avons ainsi mis au point des box présentoirs où elles sont rassemblées. » De son côté, Mionetto, la bulle de Freixenet-Gratien, est associée à Mionetto Apéritivo, la liqueur d'orange amère créée l'an dernier pour concocter un spritz 100 % aux couleurs de la marque. « Nous menons des opérations conjointes en magasins lorsque nos produits y sont présents, précise Frédérique Lenoir, directrice marketing et communication. Nous nous attelons à poursuivre ce développement via la théâtralisation de notre offre en points de vente. » 

Grands Chais de France joue l'appellation trevise

Pour se démarquer des MDD, les opérateurs montent également en gamme. « Le prosecco se consomme de plus en plus seul et cet usage tend à supplanter les cocktails, constate François Schmitt, directeur du pôle effervescents, marques, domaines, châteaux des Grands Chais de France (GCF). À côté de sa marque Signore Giuseppe, le groupe propose désormais deux proseccos premium, un blanc et un rosé revendiqués dans l'appellation locale treviso. Signés La Gioiosa, ils sont positionnés à 8,90 €. La Martiniquaise se positionne sur ce créneau avec le millésimato de Perlino. Freixenet-Gratien mise de son côté sur sa marque Freixenet, également présente sur le prosecco, dans une bouteille statutaire. Vilaveroni, la griffe de Castel, défend pour sa part la diversité des usages, seul ou en cocktail, dans ses activations et sur les réseaux sociaux.