Des hauts et des bas pour les grands groupes de spiritueux
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- Auteur : Ugo Brusetti
Groupes spi
Diageo limite la casse
Les résultats du numéro un mondial des spiritueux étaient très attendus, quelques jours après l’annonce du départ de sa présidente-directrice générale, Debra Crew. Malgré un contexte compliqué, les chiffres annoncés pour l’exercice 2024-2025 ne sont pas si catastrophiques que cela. Au contraire. Le chiffre d’affaires n’a en effet reculé que de -0,1% à 20,2 milliards de dollars. Diageo a notamment pu s’appuyer sur les solides performances de sa tequila Don Julio , qui a récemment appuyé sur l’accélérateur dans plusieurs pays dont la France, mais aussi de sa bière Guinness .
Campari rebondit
Alors que de premiers signaux négatifs avaient point lors du premier trimestre 2025, le groupe italien a pu donner de bien meilleures nouvelles à l’occasion de la présentation des résultats des six premiers mois de l’année. Campari a en effet profité d’un excellent deuxième trimestre pour afficher un chiffre d’affaires sur le premier semestre en très légère hausse de +0,1% à 1,5 milliard d’euros. Ce rebond a particulièrement été fort en France, Aperol ayant vu ses ventes dans l’Hexagone bondir de +13% entre début avril et fin juin.
Moët Hennessy toujours dans le dur
Le groupe de luxe français LVMH a annoncé ses résultats pour les six premiers mois de l’année. Et sa division vins et spiritueux a une nouvelle fois déçu. Ses ventes ont de nouveau reculé de -7% à 2,6 milliards d’euros. À noter toutefois que le deuxième trimestre a été un peu meilleur que le premier (-4% contre -9%). Dans le détail, ce sont une nouvelle fois les spiritueux qui ont vacillé, et notamment le cognac, toujours en difficulté face à la demande en baisse aux États-Unis et en Chine. Les vins et champagnes s’en sortent mieux avec des résultats en hausse de +2% au premier semestre.
Rémy Cointreau souffle enfin
Il y avait urgence. Après presque trois années périlleuses, le groupe français a enfin pu annoncer de bonnes nouvelles. Le premier trimestre de son exercice 2025-2026 débuté en avril a en effet été positif. Ses ventes ont progressé de +5,7% à 220,8 millions d’euros. Rémy Cointreau a pu s’appuyer sur une division liqueurs et spiritueux très performante (+13,6%), contrairement à une division cognac qui continue de broyer du noir (-3,1%). Autre point positif, le groupe a revu à la baisse l’impact des tarifs douaniers à venir, notamment en Chine et aux États-Unis. Les dernières hypothèses tablent sur des pertes s’élevant à 45 millions d’euros, soit 20 millions d’euros de moins que ce qui avait été annoncé précédemment.
Marie Brizard Wine & Spirits plombé par la France
Des déréférencements peuvent rapidement faire d’importants dégâts. Et ce n’est pas Marie Brizard Wine & Spirits (MBWS) qui dira le contraire. Le groupe a en effet publié les résultats de son premier semestre et ils ne sont pas bons : -8,5% à 86,6 millions d’euros. La faute au cluster France, chahuté comme rarement suite aux déréférencements chez plusieurs distributeurs de William Peel depuis le début du printemps. « La dégradation est plus marquée au deuxième trimestre compte tenu de négociations annuelles particulièrement difficiles en grande distribution, en raison principalement des augmentations de tarifs rendues nécessaires suite aux fortes hausses de coût supportées pour les liquides en fin de maturation , souligne MBWS dans son communiqué. La majorité des enseignes a soutenu la démarche d’ajustements tarifaires de la société, et celle-ci maintient un dialogue continu et constructif avec l’ensemble de ses clients, avec pour objectif de retourner à une situation normale de référencement de ses marques, et à des conditions commerciales équilibrées et acceptables. » Le message est passé.