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Portrait

Thierry Gaillard, PDG d’Orangina Suntory France

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L’ancien patron de Mars Chocolat France a pris les rênes de la filiale du groupe Suntory en juin 2014. Une nomination qui s’est accompagnée de profonds bouleversements pour le deuxième opérateur de soft-drinks dans l’Hexagone.

Thierry Gaillard

Nouvelle organisation, nouvelle équipe, nouveaux locaux, nouvelle communication… Les changements apportés par Thierry Gaillard après une année passée à la tête d’Orangina sont étourdissants. Son premier chantier ? Rassembler les équipes en charge de la production (l’Européenne d’Embouteillage) et celles gérant le business (Orangina-Schweppes) sous une seule bannière baptisée Orangina Suntory France .

À l’automne prochain, l’ensemble disposera d’un siège social unique basé sur l’Île de la Jatte à Neuilly (92). L’objectif est de renforcer le sentiment d’appartenance des 1 317 salariés et de gagner en réactivité sur un marché fortement concurrentiel. « Le lancement de la slim can Orangina en avril dernier a été le premier signe du passage d’une relation clients fournisseurs à un esprit de « one team » et une collaboration plus efficace entre nos deux sociétés » , analyse Thierry Gaillard.

« L’un des plus beaux portefeuilles de marques »

Les quatre sites et quelque 700 employés de l’Européenne d’Embouteillage se sont en effet mobilisés pour trouver des solutions techni­ques et faire aboutir le projet en interne. « Dans le passé, des lancements ont pu être ralentis ou ne pas voir le jour du fait d’une distance entre la R&D, le marketing et l’industriel » , ajoute le nouveau PDG. Une aberration quand on sait que les deux entités ont le même actionnaire depuis 2011, à savoir le groupe familial japonais Suntory .

N°3 mondial des boissons, avec un portefeuille composé à la fois de BRSA et de spiritueux, le propriétaire « se projette sur le long terme et laisse une grande part d’autonomie aux équipes locales » , dixit Thierry Gaillard. Son soutien financier est d’ailleurs non négligeable. 100 millions d’euros ont ainsi été investis ces dernières années pour moderniser les sites de production français . A son arrivée, Thierry Gaillard s’est aussi attaché à comprendre et analyser ce qu’il juge être « l’un des plus beaux portefeuilles de marques de boissons et, peut être, de l’alimentaire en France » .

Malgré des ventes en berne en 2014 (- 1,7 % pour Oasis, - 0,9 % pour Schweppes et - 5,7 % pour Orangina) et un chiffre d’affaires de 741 millions d’euros , le nouveau dirigeant a conscience d’avoir entre ses mains « un terrain de jeu extraordinaire » . Pour preuve : Oasis a doublé ses résultats en cinq ans ! Surtout, Thierry Gaillard joue les équilibristes. D’un côté, il valorise ce qui a été fait avant, comme le chantier entamé dès 2006 sur la baisse de la teneur en sucre dans les boissons. De l’autre, il change ce qui doit l’être à ses yeux.

Pour cela, il s’appuie sur de nouveaux collaborateurs comme Héloïse Tarraud , directrice des relations extérieures et du développement durable et Thierry Aouizerate , directeur marketing. Son plan d’actions s’articule autour de trois axes . Le premier concerne la politique d’innova­tions . Après un record de 107 lancements en quatre ans, il s’agit désormais de rationaliser l’offre, tout en revenant à un niveau promotionnel plus sain. Le deuxième point consiste à relancer les marques via un plan de communication novateur et soutenu. Les quatre signatures phares : Orangina, Schweppes, Oasis et Pulco bénéficient dès cette année de nouvelles copies publicitaires, moins clivantes. Le dernier volet traite de la relation avec les clients et les distributeurs , que Thierry Gaillard souhaite plus constructive. Orangina Suntory travaille ainsi sur l’attractivité du rayon avec une alternative à la démarche merchandising de Coca-Cola. Fort de ce nouvel élan, la part de marché volume du groupe a bondi de 0,4 point depuis le début de l’année 2015. Les premiers effets des secousses de Thierry Gaillard ?

Justine Bessaudou