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Portrait

Portrait d'Armelle et de Dominique Sialelli dirigeants de la brasserie Pietra

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Créateurs de la bière Pietra il y a vingt ans tout juste, Armelle et Dominique Sialelli ne cessent d’investir et d’innover. Le couple corse, à la tête d’une entreprise de plus de 40 salariés et dépassant les 18 millions d’euros de chiffre d’affaires, fourmille de projets.

Pietra article

Même dans leurs rêves les plus fous, Armelle et Dominique Sialelli ne s’imaginaient pas trouver leurs bières Pietra dans presque tous les bars de Corse. C’est pourtant le cas. Créée il y a tout juste vingt ans à Furiani, près de Bastia, leur brasserie s’arroge 60 % de part de marché dans les cafés, hôtels et restaurants (CHR) de l’île et dépasse les 30 % en hypers et supers.

Sur le continent, leur Pietra ambrée à la farine de châtaigne et leur bière blanche aux herbes du maquis signée Colomba sont également de mieux en mieux diffusées. « En magasins, nos ventes progressent au minimum de + 20 % par an depuis que nous sommes distribués par IBB » , affirme Dominique Sialelli. Quant au CHR, la collaboration débutée le 1er mars dernier avec Kronenbourg a déjà débouché sur l’implantation de leurs produits dans 650 nouveaux établissements, avant même d’avoir attaqué la capitale.
Dix millions de litres dans le viseur
Lorsqu’ils ont quitté Paris pour monter leur brasserie, le couple ne visait pourtant, à terme, qu’un million de litres de production. Lassés du stress de la vie parisienne, en quête d’un projet commun et motivés par la naissance de leur premier enfant, Hugo, quelques années plus tôt, Armelle et Dominique Sialelli ne manquaient certes pas d’ambition. Mais ils étaient bien conscients des difficultés auxquelles ils seraient confrontés. L’insularité qui renchérit le coût des matières premières, le manque de dynamisme du marché
de la bière à l’époque et la très nette préférence des consommateurs locaux pour le vin et les anisés constituaient autant de verrous qu’ils ont réussi à faire sauter.

Pour cela, ces pionniers de la bière corse ont parié « sur la notion de qualité » en embauchant « un maître brasseur compétent et en installant dès la création de la brasserie un laboratoire d’analyse » . Pour se différencier et ancrer leur brassin dans son terroir, ils ont choisi d’y incorporer « un authentique ingrédient de l’île de Beauté » avec la farine de châtaigne . Et au moment de baptiser leur bière, leur choix s’est rapidement porté sur les premières lettres du petit village de Pietraserena, en Castagniccia, d’où est originaire la famille Sialelli.
Dominique, diplômé de HEC qui travaillait dans le marketing à Paris, et Armelle, Normande d’origine et ex-associée « d’une boîte dans l’événementiel » , se sont aussi attelés à la promotion de leur Pietra en écumant durant l’été les foires et marchés de produits corses, sans oublier de solliciter les GMS et les bars locaux. Résultat : en quelques années, leurs ventes ont décollé, dépassant les trois millions de litres en 2006 puis les sept millions en 2015 . De quoi corser leurs ambitions initiales.
Pour accompagner ce développement, le couple n’a d’ailleurs eu de cesse d’investir : vingt millions d’euros au global sur vingt ans. Dans la foulée d’une ligne de conditionnement flambant neuve inaugurée cette année, les Sialelli tablent maintenant sur une nouvelle salle à brasser, qui entrera en fonction d’ici deux ans. L’objectif étant de viser rapidement les dix millions de litres .

En parallèle, de nouveaux équipements leur offriront la possibilité de travailler sur de plus petits brassins. Dans leurs cartons : « un projet incluant de l’orge corse d’Aléria » et même « un échange de savoir-faire avec les New-Yorkais de la Brooklyn Brewery » . Deux initiatives à l’image d’Armelle et Dominique Sialelli, profondément attachés à la Corse mais dont l’ambition et les rêves sont impossibles à corseter.

Jacques Bertin