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Patrice Monmousseau, Président Directeur Général de Bouvet-Ladubay

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En 2011, Patrice Monmousseau, PDG de Bouvet-Ladubay , fêtera son 40ème anniversaire à la tête de la maison saumuroise spécialisée dans l’élaboration de vins effervescents. Passionné par ses produits, cet homme de 68 ans conserve la même flamme pour son entreprise qu’à ses débuts. « Le succès de Bouvet-Ladubay revient indéniablement à son dirigeant , explique beau joueur un concurrent ligérien . Son implication dans la société et sa vison stratégique ont fait de cet opérateur l’une des belles maisons de Saumur. Il a son entreprise chevillée au corps. »

Pour comprendre le lien étroit qui existe entre Bouvet-Ladubay et son PDG, un rappel historique s’impose. En 1932, Justin-Martin Monmousseau , grand-père de Patrice, négociant en vin originaire de Montrichard dans le Loir-et-Cher, rachète cette entreprise exsangue fondée en 1851 par Etienne Bouvet.

« Après la seconde guerre mondiale, Justin-Martin a relancé la machine en développant les exportations, notamment les marchés historiques comme celui de la Scandinavie », précise Patrice Monmousseau. Ainsi, la famille remet peu à peu Bouvet-Ladubay sur les rails. A la mort de Justin-Martin, des désaccords familiaux déboucheront sur la vente en 1974 de la société au groupe champenois Taittinger . Jeune trentenaire, Patrice Monmousseau, qui avait pris les rênes de la société depuis seulement trois ans, reste à la barre.

« Arrivé dans un tel groupe n’était pas évident, se souvient le PDG de Bouvet-Ladubay . Mais j’ai eu une relation exceptionnelle avec Claude Taittinger qui m’a laissé une grande autonomie pour diriger cette maison. Ma grande chance, c’est que j’ai pu travailler tout au long de ma carrière avec la confiance de mes actionnaires. »

Une confiance qui se justifie au regard des résultats. Sous l’ère Taittinger, Patrice Monmousseau multiplie les ventes par dix pour atteindre en 2005 trois millions de cols en ayant simultanément développé le marché export ainsi que celui de la grande distribution française.

Un voyage en Inde fondateur

Seul maître à bord, le patron de Bouvet connaît parfaitement les rouages de cette maison. Et pour cause ! Peu porté sur les études, Patrice Monmousseau a intégré l’entreprise à l’âge de 18 ans pour y gravir tous les échelons. Des chais au service livraison en passant par le poste de remueur dans les huit kilomètres de caves que compte Bouvet-Ladubay, il apprend pendant une décennie le métier et parfait sa connaissance sur l’élaboration des vins effervescents. Aujourd’hui, il continue lui-même à assembler la totalité des cuvées de la maison.

Fort de cette expérience et de ses résultats commerciaux, le responsable de la maison saumuroise vit avec sérénité la vente en 2005 du groupe Taittinger à Starwood Capital, un fonds d’investissement américain spécialisé dans le secteur hôtelier. Pas intéressé par le domaine du vin, ce dernier s’apprête à céder les effervescents. « J’ai usé de toute mon influence pour ne pas être vendue en même temps que l’activité champenoise, précise Patrice Monmousseau . Je me suis toujours battu pour préserver les intérêts de Bouvet-Laduabay. » Et contre toute attente, alors que plusieurs groupes d’envergure internationale avaient montré leur intérêt, c’est l’opérateur indien United Breweries qui rachète en 2006 l’unité saumuroise pour un montant de 15 millions d’euros . « Ce projet présentait beaucoup de garanties, notamment financière et j’avais eu un excellent contact avec le PDG Vijay Mallya, poursuit Patrice Monmousseau . De plus, je venais de faire un voyage d’études en Inde qui m’avait ouvert les yeux sur le fabuleux potentiel de ce pays. Il s’agissait d’une formidable opportunité pour notre entreprise mais aussi pour l’ensemble de la production. »

Ce changement de propriétaire donne ainsi une nouvelle impulsion à la société saumuroise. Patrice Monmmousseau reçoit le soutien de son nouvel actionnaire pour lancer le chantier d’une nouvelle usine de 14 000 m² dédiée aux assemblages, à l’embouteillage et aux expéditions. Construite en un temps record, celle-ci est inaugurée en décembre 2008. Investissement : 12,5 millions d’euros. « Notre outil de production était arrivé à saturation, souligne le PDG de Bouvet-Ladubay . Nous sommes désormais équipés pour poursuivre notre développement. » A 68 ans, Patrice Monmousseau n’a pas l’intention de quitter le navire tout de suite. Il compte transmette ses connaissances à sa fille Juliette. La 4ème génération pourrait bien prendre le relais à la tête de Bouvet-Laubay.

Yves Denjean

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