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Gérard Bertrand, PDG de SPH G. Bertrand

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« C’est un meneur d’hommes, il tient ça de son expérience de sportif de haut niveau, mais il est surtout passionné par sa région du Languedoc». En quelques mots, Jean-Pierre Andelauer, ancien acheteur de Monoprix, qui fut l’un des premiers à lui mettre le pied à l’étrier résume assez bien la personnalité de Gérard Bertrand. Ce dernier aime tant sa région natale qu’il n’a pas l’intention de s’éparpiller sous d’autres cieux.

Preuve en est avec sa dernière acquisition. En décembre 2010, le producteur-négociant a racheté à Philippe Dourthe le château Aigues Vives située en AOP corbières boutenac. Une appellation qu’il connaît parfaitement. Et pour cause. Avec le domaine Villemajou, berceau familial, Gérard Bertrand est aujourd’hui le premier producteur de cette AOP communale avec près de 120 hectares de vignes. Au total, le négociant possède désormais près de 400 ha de vignes répartis sur plusieurs domaines situés dans le département de l’Aude : château l’Hospitalet (coteaux du Languedoc La clape), château Laville Bertrou (minervois la livinière) et le domaine de l’Aigle et Cigalus (vin de pays d’Oc).

Un maillage du territoire qui a démarré il y a près de 20 ans. En 1992, Gérard Bertrand fonde sa société de négoce alors qu’il mène de front sa carrière de joueur de rugby (il fut capitaine du Stade Français entre 1993 et 1994). Il commence alors à prendre son bâton de pèlerins pour vendre les vins du Languedoc à travers le monde. Et ce, avec un parti pris audacieux à l’époque dans le vignoble languedocien. Il signe en effet la quasi-intégralité de son offre.

Lors des foires aux vins, Gérard Bertrand coiffe sa casquette de vignerons et bénéficie de nombreuses insertions sur les tracts d’enseignes comme Leclerc ou Carrefour. « En France comme à l’international, la signature du producteur ou du négociant reste un code de réassurance pour les consommateurs », explique Gérard Bertrand. Aujourd’hui, le quadragénaire entend faire rimer son nom avec Art de Vivre du Sud de la France en positionnant sa marque comme la référence des vins premium de la région. Il a placé au cœur de sa stratégie le château de l’Hospitalet situé dans le massif de la Clape comme la vitrine oenotouristique de sa société.

Fortement ancré dans le terroir, le négociant Gérard Bertrand n’a pas toutefois négligé les autres segments de marché. Il se montre très actif sur celui des vins de cépages où il a fait preuve de créativité et d’innovation. Le négociant a par exemple testé, avec des fortunes diverses, des concepts tels que les gammes « Dégustez-le avec » chez Carrefour ou encore « la cuvée des Nombres » chez Auchan . Initiatives certainement trop avant-gardistes. Gérard Bertrand est revenu vers plus de tradition en se recentrant sur des signatures comme Gio, 6ème Sens.

Le bio comme fer de lance

Mais c’est sur le terrain du bio que l’opérateur s’est montré réactif. Il a fait de sa gamme transversale Autrement , lancée en 2008, son fer de lance en GMS. Il écoule aujourd’hui près de deux millions de cols. Selon l’étude exclusive réalisée par la rédaction de Rayon Boissons pour les Ateliers du Vin 2011, Gérard Bertrand est, en termes d’offre, le premier fournisseur de bouteilles affichant le logo AB en grande distribution. En amont, il a converti sa propriété Cigalus en biodynamie.

Sa bonne connaissance du vignoble lui a aussi permis de nouer de très nombreux partenariats. Le plus spectaculaire fut la signature en 2006 d’un contrat exclusif de distribution, pour une durée de 10 ans, avec les quatre caves coopératives productrices de l’AOP côtes de Roussillon villages Tautavel.

Sa volonté de voir grandir le Languedoc-Roussillon l’a également conduit à prendre des responsabilités au niveau collectif. Il a notamment présidé jusqu’en 2008 la commission communication d’Inter Sud de France, la fédération des interprofessions du vignoble. Une expérience mitigée pour le dirigeant qui a décidé de prendre du recul ces dernières années. « Pour l’instant, je reste à l’écart de toutes activités interprofessionnelles, commente Gérard Bertrand . Je changerai de positions quand nous aurons la volonté d’appliquer la stratégie décidée collectivement en 2007 dans le cadre d’Inter Sud de France. Or le plan est clair : investir pendant cinq ans près de 20 millions d’euros dans cinq pays clés en plus de la France. » Un projet ambitieux qui ne fait pas peur à Gérard Bertrand, toujours prêt à aller au combat pour sa région.

Yves Denjean

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