Selon un rapport de l’ARS d’Occitanie dévoilé par le Monde et Radio France, l’eau minérale naturelle gazeuse de Nestlé Waters serait en passe de perdre son appellation « eau minérale ». Explications.
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Auteur : Justine Bessaudou
Nouveau coup dur pour Perrier. Selon un rapport confidentiel de l’agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie datant du 30 août , que Le Monde et la cellule investigation de Radio France se sont procuré, la célèbre marque de Nestlé Waters devrait envisager de mettre fin à sa production d’eau gazeuse sous la mention « eau minérale » « en raison de la qualité sanitaire régulièrement dégradée de ses captages et, en particulier, d’un risque d’ordre virologique » , éclairent Le Monde et Radio France. Rappelons que cette nouvelle fait suite à la polémique qui entoure la filiale française du géant suisse depuis janvier dernier. Ce dernier a notamment eu recours à des traitements interdits sur des eaux minérales pour maintenir leur sécurité alimentaire. L’opérateur a aussi été contraint à fermer plusieurs forages, dont un en avril avec la découverte de bactéries d’origine fécale .
L’inspection inopinée de l’unique site de conditionnement de Perrier à Vergèze (30) menée fin mai est donc sans appel. Si la mission de l’ARS relève que l’usage des traitements non autorisés , qui incluaient les lampes UV et les filtres à charbon, ont cessé dans l'usine, elle émet toutefois des doutes sur les conditions de production d’eau minérale via la microfiltration , dont la réglementation avait été assouplie par le gouvernement en 2023. Laquelle aurait bien un effet désinfectant, mais pas d’effet sur la rétention des virus. Nestlé Waters France doit désormais « s’interroger stratégiquement sur un autre usage alimentaire possible de l’exploitation des captages d’eau minérale actuels, à condition d’apporter des garanties de sécurité sanitaire complémentaires » , rapportent les deux médias. À l’instar de la récente gamme Maison Perrier, qui ne bénéficie pas de l’appellation « eau minérale » et peut, de fait, subir des traitements. Dans l’attente du verdict de la préfecture du Gard quant au renouvellement d’autorisation d’exploitation de la source Perrier pour 2025, aucune décision n’a été formalisée.