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Eaux

L'UFC-Que Choisir réclame le retrait temporaire des bouteilles de Perrier

L'association de consommateurs accuse Nestlé Waters de tromper les consommateurs en vendant ses eaux sous l'appellation "eau minérale naturelle". Elle dénonce également des risques sanitaires. Le tribunal de Nanterre doit rendre sa décision le 18 novembre.
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  • Auteur : Justine Bessaudou
En mai dernier, plus de 6 000 points de vente ont affiché un message précisant que les bouteilles de Perrier portaient la mention eau minérale natu

En mai dernier, plus de 6 000 points de vente ont affiché un message précisant que les bouteilles de Perrier portaient la mention eau minérale naturelle alors qu’elles pouvaient ne pas répondre à cette définition.

Ce mercredi 24 septembre, au tribunal judiciaire de Nanterre, l'association de consommateurs a demandé la suspension des ventes des bouteilles Perrier. Elle estime que leur commercialisation sous l'appellation eau minérale naturelle constitue une tromperie envers les consommateurs. Au printemps dernier, l'UFC-Que Choisir avait saisi le tribunal dans le cadre d'une procédure accélérée afin d'obtenir des mesures conservatoires (retrait du marché, rappel des produits et interdiction de la mention eau minérale naturelle). De son côté, Nestlé Waters, propriétaire de la marque, assure via l'AFP "rester déterminé à contester" l'action en justice, rappelant agir "sous le contrôle des autorités". L'UFC-Que Choisir dénonce aussi un risque sanitaire réel. "Sans mesures correctives, un jour un consommateur pourrait tomber malade", avertit Maitre Macchetto, avocat de l'association à l'AFP sur le site Public Sénat. Des analyses avaient déjà relevé des contaminations par des bactéries d'origine fécale dans l'eau Perrier, notamment après de fortes pluies. L'avocat relève aussi un affaiblissement des moyens de protection. L'entreprise ayant, en effet, remplacé ses filtres de 0,2 microns par des filtres de 0,45 microns au début du mois de juillet suite à la demande du préfet du Gard (30). La décision du tribunal sera rendue le 18 novembre.

Ce procès fait suite aux enquêtes menées par la cellule investigation de Radio France et Le Monde. Lesquelles ont révélé, début 2024, que Nestlé Waters avait eu recours, durant plusieurs années, à destraitements interdits (ultraviolets et charbon actif) sur son site d'embouteillage afin de garantir la sécurité sanitaire de ses produits. Des pratiques strictement interdites par la réglementation qui régit les eaux minérales. La commission d'enquête sénatoriale chargée de faire la lumière sur l'affaire avait d'ailleurs, dans son rapport du 19 mai dernier, formulé 28 recommandations, dont la création d'un chef de file interministériel, la mise en place de groupes départementaux de suivi des eaux embouteillées et un meilleur étiquetage des techniques de traitement.

Dès lors, l'UFC-Que Choisir avait annoncé intenter trois nouvelles actions en justice, dont celle de ce mercredi, afin que la responsabilité de la multinationale soit reconnue. En parallèle, Nestlé Waters est toujours dans l'attente de la décision des autorités sur la nouvelle demande d'exploitation déposée en juillet dernier. Le désormais célèbre scandale des eaux continue de provoquer des turbulences.

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