La nouvelle a fait office d’une bombe. La Compagnie des Grands Vins du Sud-Ouest (CVGSO) a été placée redressement judiciaire suite à de graves problèmes financiers. « Nous n’avions pas la trésorerie suffisante pour payer les dettes », expliquait Me Vincenti, l’avocat de CVGSO dans les colonnes du quotidien La Dépêche du Midi. Selon des sources proches du dossier, le négociant aurait un encours supérieur à sept millions d’euros. Ce qui n’a pas manqué de créer un vent de panique dans des vignobles comme cahors et bergerac où la CVGSO est très active. Cet opérateur a absorbé l’an dernier près du 25 % des volumes sur le marché du vrac à Bergerac. Avec un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros en 2005, la CVGSO est un acteur de poids. Il conditionne en effet près de 36 millions de cols, essentiellement pour la grande distribution, fournissant les gammes de premiers prix et de MDD, ainsi que le hard-discount. « Les difficultés rencontrées par CVGSO sont issues principalement d’une mauvaise anticipation de la flambée des cours, notamment celle des vins blancs du Gers, souligne un observateur. Sur les marchés d’entrée de gamme, cela ne pardonne pas. » La mise en redressement judiciaire devrait donner un peu de temps à François Pélissié, PDG de CVGSO, pour trouver une solution. Au vu de la situation de l’entreprise, difficile d’imaginer une sortie de crise sans une vente des actifs. Cette hypothèse est d’autant plus plausible que le groupe Uccoar, actionnaire minoritaire qui détient 49 % du capital de CVGSO, ne cache pas son intention de vendre ses participations. Plusieurs repreneurs étudieraient aujourd’hui le dossier. Le tribunal de Cahors devrait statuer en mars prochain.