Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH) vient d’acquérir la maison Montaudon auprès de la famille éponyme. Des désaccords familiaux sur l’avenir du négociant implanté à Reims seraient à l’origine de cette vente alors même que Luc Montaudon, l’actuel dirigeant, venait tout juste d’achever un programme d’investissements de 15 millions d’euros. Une somme consacrée à la mise en place d’un outil de production ultra moderne à la périphérie de Reims permettant de traiter jusqu’à trois millions de bouteilles par an.
Au-delà de la marque et de sa cuverie entièrement en inox qui tombe dans l’escarcelle de LVMH, le repreneur va surtout bénéficier de 170 ha d’approvisionnements supplémentaires en raisin. Soit 125 ha de contrats établis entre des viticulteurs et la maison Montaudon, auxquels il faut ajouter 45 ha de vignobles en propre qui restent d’ailleurs propriété de la famille.
Du côté commercial, le négociant devenu filiale du groupe de luxe de Bernard Arnault, conserverait son indépendance commerciale . Du moins pendant deux ans. Idem en ce qui concerne le siège social établi rue Ponsardin, une adresse que ne reniera pas le détenteur de Veuve Clicquot ! Les bureaux entièrement neufs seraient maintenus.
Reste à savoir quels seront désormais les objectifs fixés à la marque qui écoule 1,5 million de cols, dont 25 % à l’export. Diffusée dans la plupart des enseignes d’hypers, Montaudon a récemment gagné des référencements en supermarchés chez Système U, Atac et Intermarché . L’autre interrogation porte sur l’avenir de l’activité MDD de Montaudon qui écoule 500 000 cols sur ce créneau, avec Métro et Cora comme clients. LVMH n’est pas vraiment féru de ce type de business. Sa nouvelle filiale fera-t-elle exception à la règle ?