Véronique Bourez, présidente de Coca-Cola France
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Dans son travail, Véronique Bourez ne s’interdit rien ! Pas même d’accéder à 46 ans au poste de présidente de Coca-Cola France , l’entité qui gère le marketing et la communication des marques du groupe*. Elle succède ainsi à Christian Polge, parti à Londres assurer la responsabilité de la région Europe du Nord et de l’Ouest. « Chez Coca-Cola, on essaie toujours de faire mieux et plus, résume l’ex-directrice marketing de la société de 2005 à 2010 . Pour y parvenir, il faut avant tout oser et accepter de se remettre en question » .
Le lancement de Vitaminewater l’an dernier en est une illustration. Au lieu de s’offrir une puissante campagne médias comme le groupe en a le secret, Véronique Bourez a souhaité inaugurer un modèle inédit en France. La montée en puissance se veut très progressive, à des années-lumières par exemple du raz-de-marée de Coca Zero depuis 2007. « Depuis les débuts de la commercialisation en France, Vitaminewater a touché plus d’un million de consommateurs, relève-t-elle. La marque est présente dans 2 500 points de vente et atteint une notoriété spontanée de 35 % sur Paris. Avec Coca Zero, ce sont les deux lancements qui m’ont apporté le plus de satisfaction ».
Pour mener à bien ses projets, Véronique Bourez s’inspire régulièrement de son parcours marketing initié chez Kronenbourg et poursuivi chez Danone . Successivement responsable d’une réflexion sur la place de la bière au repas dans le circuit hors domicile puis de l’élargissement de la gamme d’eaux gazeuses chez Danone Eaux France, elle en a retiré plusieurs enseignements forts. « Quand on est leader sur un marché, il ne faut pas avoir peur de segmenter l’offre », assure la nouvelle présidente de Coca-Cola France. L’arrivée de Coca Zero repose sur cette conviction.
« Je crois à la capacité des entreprises à générer de la croissance interne sur leurs marques piliers », affirme cette quadra. Après un passage à la tête du marketing international du biscuitier LU, elle a ensuite ressenti le besoin de faire une pause , « pour reprendre une respiration, faire le point sur mes envies professionnelles et m’occuper de mes enfants ». Mais Véronique Bourez ne s’est pas contentée de prendre du recul et de s’occuper de ses trois fils âgés aujourd’hui de 12, 15 et 16 ans.
Cette période de réflexion a marqué le début de son engagement au sein du réseau European Professional Women’s Network (EPWN). En 2004, elle a d’ailleurs coordonné l’European BoardWomen Monitor. « Les femmes ont souvent peur d’accéder aux postes à haute responsabilité parce qu’elles pensent que cela leur demandera de gros sacrifices familiaux, constate la présidente. J’essaie de leur montrer que c’est possible. Bien sûr, il faut faire des choix et s’organiser mais on peut à la fois assurer son rôle de maman, de femme et de cadre à hautes responsabilités » . Des convictions que ne renierait certainement pas Dominique Reiniche, présidente Europe de Coca-Cola Company et combattante de la première heure pour une entreprise plus égalitaire. Les deux femmes sont d’ailleurs très proches.
Pour son plus grand plaisir, Véronique Bourez sera chargée de développer l’accompagnement des cadres féminins à potentiel pour le groupe au niveau européen. L’objectif est d’améliorer la parité au sein des instances dirigeantes. Coca-Cola s’est d’ailleurs associé depuis quelques années au réseau EPWN.
Une nouvelle organisation pour l’Europe
Pour jongler entre ses différentes « casquettes », Véronique Bourez avoue se doper uniquement à l’ « énergie positive » , une expression qu’elle adore employer. Ses équipes le savent, la responsabilité, le respect et l’enthousiasme sont les qualités qu’elle recherche avant tout ! « Quand on grimpe dans l’échelle hiérarchique, on gagne aussi en autonomie et en liberté. En outre, la construction de projets professionnels est extrêmement enthousiasmante », savoure-t-elle.
De l’énergie positive, cette diplômée de l’Essec va en avoir besoin pour mener à bien la mise en place d’une nouvelle organisation . De dix business units, dont la France, Coca-Cola Europe passe à quatre : l’Europe centrale et de l’Est, l’Espagne, l’Allemagne et l’entité Europe du Nord et de l’Ouest, dirigée par Christian Polge. La France fait désormais partie de cette dernière, au même titre que la Belgique, la Grande-Bretagne et les pays nordiques. Un grand chantier qui laisse craindre des suppressions de postes aux 80 salariés de Coca-Cola France basés à Issy-les-Moulineaux. La première mission de Véronique Bourez sera d’insuffler son énergie positive à ses collaborateurs.
Elodie Martel
* : Coca-Cola Entreprise s’occupe de la production et de la commercialisation.