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Portrait de Guillaume Brochard, nouveau PDG du négociant bordelais GRM

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L’entrepreneur français qui a fait fortune dans le luxe en Chine a surpris tous les observateurs du secteur viticole en reprenant la majorité des parts du négociant bordelais GRM. Pour Rayon Boissons, il revient sur sa décision de se lancer dans le vin.

Brochard article

Le communiqué de presse en disait long sur la méconnaissance du nouvel acquéreur. Pour présenter Guillaume Brochard, PDG de GRM depuis mars 2016 , le service communication du négociant s’est fendu d’une double page bien garnie afin de retracer l’histoire de ce Français basé en Chine . Un CV fort instructif pour le microcosme du vin qui découvrait alors un personnage inconnu de son répertoire. Mais pas question pour lui de s’en offusquer au moment de présenter son projet. « C’est même tout à fait normal, pose-t-il avec simplicité. J’ai quitté très tôt la France et mes choix de carrière font que j’y reviens peu. Durant cette période, j’ai exercé partout dans le monde, dans de nombreux secteurs, mais jamais celui du vin. »

C’est dans le luxe qu’il a œuvré le plus longtemps. Après un passage chez l’horloger suisse Ebel (groupe LVMH), il s’installe en Chine en 2004 et lance Qeelin, une marque de joaillerie internationale mêlant esthétique chinoise et savoir-faire français. Une combinaison qui fera mouche et qui lui permettra de revendre son activité en 2013 au groupe PPR.

Démocratiser le vin en Chine

Si entre le luxe et le vin, il n’y a qu’un pas qui prend généralement l’allure d’un grand château bordelais, Guillaume Brochard a voulu aller plus loin. « Avec GRM, j’ai la possibilité de m’accomplir dans un univers de passionnés tout en conservant un projet professionnel fort. » C’est dans le vin qu’il a trouvé ce subtil assemblage même s’il avoue avec humilité qu’il est loin de tout maîtriser. « Je ne suis pas un connaisseur mais j’ai bien l’intention de m’appuyer sur les propriétés de la maison pour apprendre rapidement. » Avec quatre châteaux , il possède en tout cas un laboratoire grandeur nature pour parvenir à ses fins.

Quant au métier de négociant, son parcours d’entrepreneur a de quoi le conforter dans sa nouvelle mission. D’autant plus qu’il ne cherche pas la révolution. « C’est même tout le contraire, je m’inscris dans la continuité, souligne le quinquagénaire. J’ai rencontré des dirigeants qui connaissent très bien leur métier à l’instar de Frédéric Guiraud qui est devenu président du comité stratégique de la société. Il pilotera les quatre propriétés du groupe ainsi que les équipes commerciales qui vont s’employer à conforter nos positions, particulièrement dans les hypers et supers. »

C’est donc hors de l’Hexagone qu’il va pouvoir apporter sa touche personnelle. Au regard de la configuration de GRM, il a le champ libre ou presque. « La maison réalise 90 % de ses ventes en France et je souhaite exploiter ma connaissance du marché international, explique ce citoyen du monde. La Chine, qui est le pays que je connais le mieux, va prochainement disposer d’une filiale de commercialisation. »

Lui qui vient de l’univers du luxe pourrait chercher à y vendre des vins haut de gamme, mais ce n’est pas vraiment le créneau de GRM. « Il n’est pas question de revoir le positionnement de nos produits, précise Guillaume Brochard. Mon objectif est de capitaliser sur l’image de Bordeaux avec une offre plus accessible et de bonne qualité. En revanche, je sais comment faire évoluer la manière de vendre du vin en Chine. » C’est là que démarre sa nouvelle aventure.

Frédéric Guyard