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Portrait

John Brock, PDG de Coca-Cola Enterprises

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Basé aux Etats-Unis, il est à la tête de la branche production et commercialisation du groupe Coca-Cola dans huit pays du Vieux Continent dont la France. John Brock est autant apprécié pour la marque de sodas qu’il embouteille que pour les millions d’euros qu’il investit chaque année dans ses 17 usines européennes.

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En ce matin de juin, la tension est palpable à l’usine de Grigny dans l’Essonne. Les équipes dirigeantes françaises et européennes du groupe Coca-Cola se sont déplacées en nombre pour l’occasion, accompagnées de plusieurs dizaines de salariés et d’un parterre d’élus locaux. John Brock, le grand patron de Coca-Cola Enterprises (CCE), doit en effet débarquer d’un instant à l’autre pour inaugurer le tout nouvel atelier d’injection de préformes du site. Un investissement de 16 millions d’euros qui fait suite aux 157 autres millions débloqués depuis 2009 dans les cinq usines françaises de Coca-Cola. « Cet investissement est l’illustration concrète de notre volonté de produire localement dans les territoires où nous sommes implantés » , déclare l’Américain âgé de 66 ans.

Expert des boissons

John Brock n’est pas un pur produit Coca-Cola, contrairement à nombre de dirigeants de la firme d’Atlanta. Mais c’est un spécialiste des boissons. Ce diplômé de la Georgia Institute of Technology a fait ses armes pendant plus de 30 ans au sein de multinationales comme Cadbury Schweppes et Interbrew . À leur tête, le natif du Mississipi a participé à des opérations d’envergure, telles que l’acquisition de Dr Pepper et Seven Up pour le premier ou la fusion avec le brésilien Ambev pour le second.

Depuis qu’il a pris les rênes de CCE en 2006 , John Brock n’a laissé aucun répit à ses équipes. Dès son arrivée, il a passé des accords de distribution avec des marques montantes telles que Monster ou Vitaminwater . Quatre ans plus tard, le PDG a participé à la r estructuration du groupe en cédant les activités d’embouteillage et de distribution nord-américaines à The Coca-Cola Company. Une transaction de neuf milliards d’euros qui lui a permis de s’offrir les sites de production en Norvège et en Suède et de devenir le troisième plus gros embouteilleur de Coca-Cola avec 12 milliards d’unités vendues pour plus de huit milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Si l’activité de CCE est aujourd’hui recentrée sur l’Europe de l’Ouest avec 17 usines réparties dans huit pays, dont la France et la Grande-Bretagne, John Brock a gardé son siège à Atlanta afin de continuer à travailler, main dans la main, avec son homologue de The Coca-Cola Company, Muthar Kent. Pour le fabricant de sodas, l’objectif aujourd’hui est de montrer patte blanche dans tous les domaines, avec une politique de développement durable et un outil industriel exemplaire, qui emploie la bagatelle de 12 000 salariés sur le Vieux Continent .

Ces engagements économiques et sociaux ont de quoi satisfaire localement les personnalités politi­ques qui se bousculent à chacune de ses tournées euro­­péennes. En mai dernier, le Premier ministre écossais Alex Salmond venait saluer John Brock à l’occasion des 50 ans de l’usine d’East Kilbride. À Grigny, c’est Thierry Mandon, en tant que député PS de l’Essonne avant sa nomination au gouvernement, qui a fait le déplacement. En cinq ans, 70 millions d’euros ont été investis dans l’usine francilienne. « On peut être un grand acteur de l’économie mondiale et se préoccu­per du made in France » , a d’ailleurs martelé Thierry Mandon, sans toutefois s’épancher sur la fiscalité des boissons sucrées dans l’Hexagone. Histoi­re peut-être de ne pas gâcher la visite de John Brock.

Léa Lesurf

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