Gert-Jan Van Arkel, directeur général de Wineforces
- Publié :
- Modifié :
- Auteur : Frédéric Guyard
Le grand saut de Tussock Jumper
En 2009, il part ainsi en Nouvelle-Zélande à la conquête de sauvignon et en reviendra surtoutavec une étiquette. Au-delà du sourcing, il tombe en effet sur une petite affaire locale qui possède quelques griffes endormies. Parmi elles se trouve Tussock Jumper dont le visuel du mouton paré d’un pull-over le séduit immédiatement. « Les trois fondements d’une marque sont le produit, le marketing et les consommateurs, sachant que le second fait le lien entre les deux autres, explique celui qui a aussi contribué au projet Chamarré. C’était la force de Tussock Jumper. » Avec John –disparu depuis et dont le fils a repris le flambeau–, la décision de racheter la signature ne tarde pas. « Le nom est à double sens, explique Gert-Jan van Arkel. Tussock correspond aux touffes d’herbe sur lesquelles le berger saute pour diriger son troupeau. Cela signifie également pull en laine. » Un vêtement qui devient rapidement le gimmick de la marque.
À chaque origine un cépage emblématique et un animal phare, toujours habillé ! « C’est l’élément identitaire de Tussock Jumper dont l’objectif est de faire découvrir le vin aux jeunes consommateurs avec un discours original , argumente le tout nouveau sexagénaire. Nous faisons même parler le mouton néo-zélandais, le panda australien ou le rhinocéros sud-africain via la réalité augmentée. » Ceci avec des vins que le wine-trotter se charge lui-même d’aller chercher, aussi fin dégustateur que lecteur de fiches analytiques. Le succès commercial est au rendez-vous avec plus de cinq millions de bouteilles vendues à travers le monde. Jamais rassasié, cet amateur d’huîtres a parallèlement développé d’autres signatures, pour le coup directement en lien avec son lieu de résidence. Seaside, qui compte un vinho verde portugais pour accompagner les fruits de mer, et Borrasca, en référence aux tempêtes sur le littoral, pèsent chacune près de trois millions de cols. Borrasca lui permet en outre de se positionner sur les bulles et d’étendre ainsi son champ d’action. « Sur les appellations cava et prosecco, en blanc et en rosé, parce que ce sont les plus demandées sur la planète vin », conclut Gert-Jan van Arkel. S’il avoue ne pas goûter à la navigation, il sait parfaitement définir le cap de Wineforces.