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Dietrich Mateschitz, PDG de Red Bull

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Ses camarades universitaires doivent encore se pincer pour y croire. A l’époque où ils arpentaient les couloirs de l’Université de Vienne en compagnie de Dietrich Mateschitz , bien peu auraient parié sur lui. Qui aurait cru que l’Autrichien, qui préférait les filles et les voitures à ses étude en commerce international appartiendrait, un jour, au très sélect classement Forbes des 400 personnalités les plus riches du monde ? Pourtant, depuis 2003, le fondateur de Red Bull est entré dans ce cercle très fermé et n’en est plus ressorti depuis. Dans le palmarès 2008, il se hissait à la 260è place grâce à un pécule personnel estimé à quatre milliards de dollars .

Ceux qui le connaissaient bien savaient néanmoins qu’il possédait les qualités indispensables à tout entrepreneur de talent : l’énergie, la ténacité et un incroyable sens des affaires . En 1982, alors qu’il approche de la quarantaine, Dietrich Mateschitz cherche une idée pour se lancer à son compte. Responsable marketing chez Procter & Gamble , il commence à se lasser de cette carrière certes réussie mais sans surprise. Accro aux poussées d’adrénaline inhérentes aux sports extrêmes qu’il affectionne, il se voit mal attendre l’âge de la retraite en élaborant la stratégie de développement de la marque de dentifrice Blendax.

Lors d’un voyage en Thaïlande, il découvre une boisson énergétique aux vertus euphorisantes, destinée aux chauffeurs routiers. Bluffé par les résultats de celle-ci sur son propre organisme, il est certain de pouvoir en faire un succès mondial. Sans perdre une minute, il s’associe avec Chaleo Yovidya, l’inventeur du « Krating Daeng » (taureau rouge en thaï), prenant 49 % de la co-entreprise mais en gardant la main-mise sur le pouvoir de décision. De retour en Autriche, il démissionne pour se consacrer à son projet. De ses années passées chez Procter & Gamble, Dietrich Mateschitz a acquis une certitude. Un produit aussi spécifique que son énergy -drink mérite un marketing hors du commun . A l’époque, les sports extrêmes n’attirent pas les annonceurs, lui va leur consacrer une grande partie de ses dépenses en communication. Les adolescents aiment se mettre en danger, Dietrich Mateschitz laisse les légendes les plus folles se répandre au sujet de la taurine , l’ingrédient phare de sa boisson.

A force de persévérance, l’Autrichien parvient à rallier l’embouteilleur de jus de fruits Rauch à son projet. Il persuade l’administration de l’inocuité de son breuvage. Tandis qu’avec l’aide de son ami, le publicitaire Johannes Kastner, il trouve le slogan, toujours d’actualité, qui contribue au succès de l’energy-drink : « Red Bull vous donne des ailes ». Plus de vingt ans après son lancement, la marque est présente dans plus de 140 pays et génère un chiffre d’affaires de trois milliards d’euros . Une réussite qui a permis à Dietrich Mateschitz de mener à bien ses projets les plus fous. « Tout en gardant un œil sur tout et en assurant une présence active auprès de ses équipes, Didi Mateschitz essaie de travailler seulement trois jours par semaines pour pouvoir se consacrer à ses projets personnels » , souligne un ancien cadre de Red Bull. Quitte à travailler non stop de quatre heures du matin à minuit. Parmi ses réalisations, on compte un hangar entièrement vitré en forme d’oiseau, qui abrite sa collection d’avions anciens (dont le DC6 du Maréchal yougoslaveTito) et un restaurant gastronomique où se succèdent les meilleurs chefs de la planète. En forme de volcan, le siège social de Fuschl a, lui, eu droit à un décor digne d’un film de James Bond. Au fond des bois et à proximité des magnifiques lacs de Salzkammergut (près de Salzbourg), on y cultive l’art du secret.

A 64 ans, Dietrich Mateschitz a toujours la folie des grandeurs. En 2004, il se lance dans un nouveau projet à un milliard de dollars, qui occupe une équipe de quarante personnes. Son idée ? Créer un parc à thème dédié aux sports motorisés et à l’aviation , incluant une école de pilotage, une école aérienne, deux hôtels et plusieurs restaurants. La retraite à Laucala, île des Fidji qu’il a racheté à la famille Forbes, n’est pas pour demain…

Elodie Martel