Son sourire et sa décontraction en disent long. À 57 ans, Alexandre Sirech est un homme heureux. De ceux qui semblent avoir atteint une forme d’équilibre, à la fois personnel et professionnel. Le patron des Bienheureux reconnaît bien des fêlures, mais le dit aujourd’hui avec des yeux qui brillent. Comme si en les acceptant, il avait fini par s’en accommoder. Cela n’a pas toujours été le cas. Sa tumeur détectée il y a 20 ans, celui qui était à l’époque aux manettes d’Havana Club peut la mettre sur le compte de désaccords profonds avec un régime castriste avec lequel il devait composer. La filiale de Pernod Ricard étant engagée à 50-50 avec l’état cubain. Il avait pourtant accepté ce défi, quelques années après avoir quitté une première fois le groupe français alors dirigé par Thierry Jacquillat. Il se pensait redevable. C’était en effet Alexandre Sirech qui, en 1992, avait soufflé le nom d’Havana Club à Pernod Ricard en quête d’un rhum.