Aller au contenu principal
Eaux en bouteille

Nestlé Waters France reste très opaque

Auditionnée hier par la commission d’enquête sur le scandale des eaux en bouteille, la PDG de Nestlé Waters, Muriel Lienau, a refusé de répondre aux questions des sénateurs, s’exposant à des poursuites pénales.
  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Justine Bessaudou
AdobeStock_211225436.jpeg

L’affaire est loin d’être terminée. Depuis plusieurs semaines, la commission d’enquête sénatoriale dirigée par Laurent Burgoa auditionne des dirigeants de Nestlé Waters France (NWF). Objectif : faire la lumière sur les révélations faites par la cellule investigation de Radio France et Le Monde début 2024 .  Ce mercredi 19 mars était entendue l’actuelle PDG de NWF, Muriel Lienau . Laquelle a intégré le groupe Nestlé en 1991 et était en charge de Nestlé Waters pour la région Europe de janvier 2020 à décembre dernier. Muriel Lienau a assuré aux sénateurs ne pas connaître la raison de l’utilisation des filtres illégaux . « C’est une situation héritée du passé, dont je ne connais pas l’origine » , a-t-elle répété à maintes reprises selon Public Sénat. Même son de cloche sur les potentiels responsables de l’instauration desdits traitements : « J’ai fait le choix de ne pas chercher de responsabilités individuelles et de me concentrer sur l’avenir » , aurait rétorqué Muriel Lienau. Face à ce mutisme, le président de la commission Laurent Burgoa a été jusqu’à proposer à la PDG de NWF de divulguer ces noms par écrit, pour préserver l’anonymat des personnes citées. Muriel Lienau, campant sur sa position, s’expose à une sanction pénale pour mensonge, y compris pas omission, passible de 75 000 € d’amende et jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Le rapporteur et le président de la commission d’enquête sur le scandale des eaux en bouteille vont ainsi saisir la présidence du Sénat pour parjure. « Une audition musclée de près de deux heures, mais de laquelle rien de concret ne ressort, à l’image de celle de la veille avec Sophie Dubois » , résume ainsi Public Sénat.

L’ex-directrice de NWF (avril 2018-janvier 2025), désormais présidente de Nestlé France, avait été reçue la veille (mardi 18 mars) par la même commission d’enquête. Au cours de son audition, Sophie Dubois aurait indiqué avoir eu connaissance du recours aux pratiques illégales à l’été 2021, au moment où le gouvernement en était lui-même informé. « L’entreprise a reconnu avoir utilisé des traitements non-conformes. C’est une situation héritée du passé, je ne sais pas de quand elle date. On est allés voir proactivement les autorités pour leur exposer la situation, l’entreprise a exprimé ses regrets et mis en place un plan de transformation pour mettre fin à ces pratiques » , a expliqué Sophie Dubois selon Public Sénat. Le minéralier n’est effectivement pas mis en cause pour avoir mis en danger la santé des consommateurs. Mais, le 13 février dernier, le tribunal de Paris a ouvert une enquête pour tromperie à l’encontre du groupe. Une opacité qui soulève beaucoup d’interrogations au sein de la commission d’enquête comme du grand public.