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Comment Nestlé protège les sources de Vittel et de Contrex

  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : E.M.

La menace de l’agriculture intensive sur les sources de Vittel et de Contrex était réelle. Pour rester dans le catégorie des eaux « minérales naturelles », Nestlé a mis en place à la fin des années 1980 une démarche visant à protéger les terres les plus proches. Dès 1988, une étude est commandée à l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) pour déterminer les actions à mettre en place afin de maintenir un niveau de revenu agricole correct tout en diminuant le recours aux nitrates. « A l’époque, le sujet était d’autant plus compliqué que les agriculteurs s’étaient endettés pour acheter le matériel indispensable à la culture du maïs » , se souvient Philippe Pierre, directeur d’Agrivair, la filiale créée par Nestlé en 1992 pour assurer la protection des sources Vittel et Contrex .

Un cahier des charges est établi prévoyant, entre autres, l’interdiction des produits phytosanitaires , l’arrêt de la culture du maïs et la mise en place de rotations à base de luzerne. Pour convaincre les agriculteurs de s’engager pour dix-huit ou trente ans dans la démarche Nestlé, le Suisse se lance dans un vaste programme de rachat de terres agricoles. 2 500 hectares sont ainsi acquis

A côté du volet agricole, Agrivair a également noué des contacts avec les collectivités et les exploitants des parcs et des golfs présents sur le périmètre. Tous pourraient en effet avoir des comportements dangereux pour la qualité des sources. Etant donné l’importance économique de Nestlé dans la région, il n’a pas été difficile de convaincre les différentes parties. D’autant que, là encore, le minéralier apporte une généreuse contribution.

En prévision de pollutions accidentelles , Nestlé a également participé à la construction de rigoles étanches sur le côté des routes et conclu un partenariat avec Gaz de France pour inciter les particuliers à remplacer leur cuve de fuel par du gaz de ville. Un travail de longue haleine qui a un coût : plus de trois millions d’euros par an lors du lancement des partenariats avec les agriculteurs et deux millions d’euros par an en vitesse de croisière . Tout de même !

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