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Portrait

Philippe Vasseur, président de l’Association Brasseurs de France

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Le 1er janvier 2013, Philippe Vasseur a ajouté un mandat à son curriculum vitae, celui de président de l’Association Brasseurs de France. Fonction qui a conduit cet ancien ministre de l’Agriculture à séjourner de nouveau une semaine au Salon de l’Agriculture. Rayon Boissons l’a rencontré à cette occasion.

philippe vasseur

Au dernier Salon International de l’Agriculture de Paris, les brasseurs disposaient d’un nouvel atout : Philippe Vasseur. Président de l’Association Brasseurs de France (ABF) depuis le 1er janvier 2013 , cet homme public est coutumier des lieux : « J’y viens chaque année. Cette fois j’y passe la semaine comme au temps où j’étais ministre de l’Agriculture » , précise-t-il. Cela fait désormais partie de son contrat. Tout comme assister au directoire des Brasseurs de France à Paris une fois par mois et nouer des contacts avec les membres de l’ABF une fois par semaine. « Je ne pouvais pas promettre davantage, faute de temps, avoue-t-il. Mais cela suffit dans la mesure où l’ABF peut compter sur son secrétaire général Pascal Chèvremont. »

Toujours un agenda de Ministre

Car Philippe Vasseur a beau ne plus être ministre, il en conserve l’agenda ! « A ceci près, que je dispose maintenant de mes samedis et dimanches ! » Le reste du temps, le sexagénaire se montre pour le moins actif : il est président de la CCI Région Nord, du Crédit Mutuel Nord Europe, du World Forum de Lille et administrateur de la société Bonduelle, entre autres ! « J’ai dû laisser s’envoler quelques casquettes pour accepter la proposition des brasseurs, concède-t-il. Comme la présidence de l’École de Journalisme de Lille ou celle de Sciences-Po Lille. » Ce pedigree, au passage, révèle sans détours son attachement à sa région d’origine : le Nord Pas-de-Calais, où il réside toujours. « Je suis un indécrottable provincial même si j’ai passé vingt ans à Paris lorsque j’étais journaliste » , revendique-t-il.

Et c’est encore une fois ses racines nordistes qui l’ont amené à accepter sa nouvelle mission d’ambassadeur de la bière : « Tout le monde sait que j’aime la bière. Je suis tombé dedans quand j’étais petit. On en servait à la cantine des écoles ! » Difficile d’être plus authentique ! Autre atout choc de son parcours : son expérience du monde politique. Il suffit de l’observer au Salon de l’Agriculture pour s’en convaincre. Aussi courtois avec Pierre Laurent du parti communiste que Stéphane Le Foll, l’actuel ministre de l’Agriculture, ou François Fillon de l’UMP. « Sans nier les clivages, je suis toujours à la recher­che du consensus, explique cet homme plutôt classé au centre. Malgré les divergences d’opinion, nous devons réussir à travailler ensemble au service d’une même cause. C’est vraiment ce que je défends dans ma région. »

Il n’a donc pas conspué François Hollande lorsque celui-ci est venu boire sa bière sur le stand des brasseurs. Certains opérateurs auraient pourtant souhaité se montrer plus virulents en placardant des « + 160 % de taxes sur la bière » un peu partout. « Par expérience, je sais que les revendications faites auprès des responsables qui vivent une journée marathon sont inefficaces » , rappelle celui qui a dû gérer la crise de la vache folle ! Aux invectives, l’ ABF et Philippe Vasseur ont préféré le discours positif. « Nous avons surtout souhaité rappeler ce que pèse aujourd’hui la filière brassicole dans l’économie française. »

En aparté, rendez-vous a toutefois été pris avec le secrétaire général adjoint de l’Élysée. Histoire de rendre ces arguments plus audibles. Car les brasseurs sont conscients que la nouvelle taxe de 2013 ne sera jamais effacée. En revanche, s’ils pouvaient être épargnés lors d’une prochaine cour­se aux recettes fiscales, ils n’en seraient pas fâchés !

Karine Ermenier