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Taxes

Les lobbies de la bière s’activent

  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : K.E.

« Alors que la profession subit déjà les augmentations de la fiscalité locale ou nationale, les augmentations des taxes associées aux boissons et celles liées aux coûts du transport, une forte hausse des droits d’accises sur la bière ne pourrait qu’avoir de très graves répercussions sur l’ensemble de nos entreprises. » Voilà, en substance ce qu’a diffusé lundi 24 septembre la Fédération Nationale des Boissons, représentant les entrepositaires grossistes, dont 40 % du chiffre d’affaires provient de la bière . « Rien n’est encore confirmé ou infirmé , a déclaré à Rayon Boissons ce matin Laure Bomy, directrice générale de la FNB. Seulement, si cette hausse se confirme, elle interviendra alors même que la saison 2012 a déjà été mauvaise. Les perspectives ne sont donc pas très roses pour la profession. »

La FNB craint, par ailleurs, que cette mesure n’ait aucun effet sur la santé publique car elle risquerait seulement de « déplacer la consommation des bars vers le domicile. » En Grande-Bretagne, la hausse de la fiscalité sur la bière (+ 43 % en 10 ans) a eu cette incidence : selon les chiffres de la British Beer and Pub Association les ventes de bières dans les pubs ont reculé de – 34 % sur la période, contre une progression des volumes de + 20 % en GMS. Mais, au global, le marché a tout de même chuté de – 20 % sur la dernière décennie.

Pour le moment, la FNB reste en tous cas en contacts quotidiens avec les représentants de l’association Brasseurs de France. Lesquels continuent leur tournée des cabinets ministériels en vue de faire entendre leurs arguments et, sinon de faire infléchir le gouvernement, au moins de limiter la facture fiscale. Les Echos évoquaient encore dernièrement la possibilité d’un doublement des taxes sur la bière. Lesquelles se sont élevées à 337 millions d’euros en 2010, pour un chiffre d’affaires du secteur brassicole estimé à deux milliards d’euros.

Selon un brasseur du Nord, un doublement des droits d’accises se traduirait par une augmentation d’au moins 6 % du prix de vente de sa bouteille de spécialité de 75 cl dont la fiscalité (hors TVA) passerait de 12 à 24 centimes par bouteille. Et cette incidence risque d’être encore plus importante sur les bières de luxe.

Les brasseurs tremblent à l’idée de devoir répercuter ces hausses dans leurs tarifs alors que les négociations commerciales avec les enseignes commencent tout juste. D’autant que cette taxation viendrait se rajouter à la hausse conjoncturelle des matières premières : + 20 % à 25 % sur l’année pour le malt, + 5 % minimum sur le verre . Sans compter la hausse des coûts de l’énergie. « Nous craignons que dans ce contexte, une hausse de la fiscalité ne vienne enrayer le dynamisme et la capacité d’investissement de nos brasseries », milite Pascal Chèvremont, secrétaire général de Brasseurs de France.

Tout le monde devrait être fixé sur son sort vendredi 28 septembre , date à laquelle le projet de loi sur le plan de financement de la Sécurité Sociale devra être écrit. Il sera ensuite soumis à la Commission des comptes de la Sécurité Sociale le 2 octobre puis à l’approbation du conseil des Ministres. Avant d’être proposé en lecture au Parlement à la mi-octobre. « Néanmoins, même si le projet de loi fait référence à une hausse de taxe, nous continuerons à faire notre travail de lobbying car il ne sera pas encore voté », prévient de toute façon ce brasseur interrogé par Rayon Boissons.

ASAHI VISUEL
Dans un contexte de montée en gamme du marché de la bière, Peroni Nastro Azzurro poursuit sa forte dynamique en France avec une croissance à deux chiffres. Portée par un positionnement premium italien et des expériences de marque ancrées dans la gastronomie, elle renforce sa visibilité via des activations ciblées en 2026.