Les BABV menacés par la taxe « premix »

25 octobre 2019 - Léa Lesurf

Des députés viennent d’adopter un amendement pour taxer les boissons et cocktails aromatisées à base de vin à la manière des premix à base d’alcool. A hauteur de 3 € par décilitre d’alcool pur, cette fiscalité supplémentaire risque de plomber un marché déjà en difficulté.

Ce jeudi 24 octobre, les députés ont adopté en commission l’amendement Dufeu-Schubert dans le cadre de l’examen du projet de budget de la sécurité sociale pour 2020. Le texte de loi prévoit d’étendre la taxe « premix », appliquée depuis 1996 aux mélanges prêts-à-boire élaboré à base d’alcool distillé (rhum, gin, vodka, tequila whisky ou liqueur) titrant moins de 12°, à la famille des boissons et cocktails aromatisées à base de vin (BABV et CABV). Laquelle regroupe aussi bien les rosés pamplemousse de Fruits and Wine (Marie Brizard Wine and Spirits) et de Very (Castel) que les effervescents aromatisés signés Martini Spritz (Bacardi), Cinzano Spritz (Pernod) ou encore les gammes Fresh et Shake de Muscador (Compagnie Française des Grands Vins). Soit l’équivalent de 44 millions de bouteilles vendues par an selon la Fédération française des vins d’apéritifs (FFVA). La taxation serait toutefois inférieure, à 3 € par décilitre d’alcool pur pour les BABV et CABV, contre 11 € pour les autres « premix » du rayon spiritueux.

C’est un coup dur pour les fabricants. Si l’amendement est revoté dans l’hémicycle pour être intégré au projet de loi, la fiscalité d’une bouteille de 75 cl de vin aromatisé à 8° d’alcool pourrait être alourdie de 1,80 €. Principales visées par cette taxe, les BABV verraient leur prix de vente moyen passer de 3 € à plus de 5 €, TVA incluse. Un surplus tarifaire de + 70 % qui risque d’impacter considérablement les ventes des rosés pamplemousse et consorts. Lesquelles sont déjà en recul depuis plusieurs années avec 18 millions de litres commercialisés en 2019 en GMS contre plus de 25 millions en 2015 selon IRI.

A l'origine de cet amendement, Audrey Dufeu Schubert, la députée LREM de Loire-Atlantique, souhaite éviter les comportements à risque et dissuader les jeunes de ce type de boissons. De son côté, la fédération française des vins d’apéritifs (FFVA) tire la sonnette d’alarme dans un contexte déjà tendu pour le marché viticole. « Il s’agirait d’une première taxe comportementale pour les Français sur des produits viti-vinicoles. Bien loin des enjeux de santé publique car les vins d’apéritifs sont peu alcoolisés et peu consommés par les jeunes, cette taxe ne prend absolument pas en compte les données de consommation » déclare Aymeric de Beauvillé, président de la FFVA dans un communiqué. Lequel craint également de de créer un effet de report sur les produits plus alcoolisés. Selon le Nielsen, 80 % des vins d’apéritifs sont consommés par les plus de 35 ans.

 

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