Vie des fournisseurs

Interview Coronavirus : Joël Spies directeur de la maison Hauller, groupe Agromousquetaires

29 avril 2020 - Chantal Sarrazin

Joël Spies dirige la Maison Hauller, l’une des 62 usines de production d’Agromousquetaires, pôle alimentaire des Mousquetaires en Alsace. Après trois semaines de fermeture, le site de production a rouvert le 6 avril dernier pour faire de la place dans les cuves, en dépit des ventes en baisse dans les rayons d’Intermarché.

La Maison Hauller se trouve dans le Grand-Est, région fortement touchée par le coronavirus. Quelles ont été les conséquences de cette épidémie sur votre activité ?

Nous avons décidé de fermer nos locaux le 18 mars dernier pour protéger nos salariés de l’épidémie. Nos deux lignes d’embouteillage ont également cessé de fonctionner. Toutefois, nous avions des produits en stock. Les services commerciaux et logistique ont donc pu continuer à travailler. Heureusement ! Les commandes des magasins se sont envolées avant et en début du confinement. Au point que nos ventes ont progressé par rapport à la même époque de l’an passé. Ce sont les 20/80 de l’offre qui en ont bénéficié, c’est-à-dire les références à marque Expert Club sur des cépages tels que le riesling et le gewurztraminer.

 

Vous avez rouvert l’entreprise le 6 avril dernier, que s’est-il passé dans cet intervalle ?

La courbe s’est inversée. Après ces achats de précaution, la demande s’est tassée. Notre activité suit la tendance du marché des vins tranquilles en grande distribution. Nos ventes d’AOP sont ainsi en recul de - 7 %. D’autant que nous n’avons pas profité de « l’effet » Pâques qui est habituellement une période importante pour nous. De plus, le confinement se traduit par des changements de comportement chez les consommateurs. Ils ont réduit leurs achats de vin en bouteilles au profit du Bag-in-box®. Or en Alsace, ce contenant est proscrit.

 

Ce mouvement en faveur du Bib® peut-il fait changer les mentalités en Alsace ?

Une réflexion est en cours au sein de nos instances professionnelles. À notre niveau, nous ne pouvons qu’être favorable à ce contenant. Des pans entiers de l’activité commerciale des vignerons sont à l’arrêt. Les restaurants sont fermés. Les caveaux de vente ne fonctionnent quasiment plus. Les exportations tournent au ralenti. Cette crise va durer. Il est impératif de miser sur les débouchés qui marchent.

 

Pourquoi, au vu du contexte, avoir décidé de remettre en service vos lignes de conditionnement ?

Nous avons écoulé une partie de nos stocks de produits finis. De plus, nous devons faire de la place dans les cuves pour la vendange à venir. D’autant que la végétation a actuellement deux semaines d’avance par rapport à une année normale.

 

Prévoyez-vous des actions spécifiques pour soutenir la vente de vos produits au sortir du confinement ?

Les ventes de nos appellations ont un caractère très saisonnier. Elles se concentrent sur les périodes des fêtes et des foires aux vins de printemps et d’automne. Nous prévoyons d’amplifier les promotions pour la fin d’année. En revanche, les foires aux vins représentent un tiers de nos promotion de l’année, nous n’irons donc pas au-delà.

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