Contingents

Plus de rhums des départements d'outre-mer français disponibles

30 janvier 2008 - Jean-Louis Laboissière

« C’est une victoire pour le gouvernement français et une bouffée d’oxygène pour nous », se félicite Jean-Claude Cantorné, président du CIRDT-DOM* en commentant la hausse globale de 20 % du contingent accordé aux rhums de Martinique, Guadeloupe, Réunion et Guyane. Certes le responsable de l’interprofession, par ailleurs dirigeant de Bardinet (groupe La Martiniquaise), pouvait espérer un accroissement encore plus important. Les Métropolitains ont en effet de plus en plus soif d’eau-de-vie de canne. Mais au vu de l’orientation libérale de l’Union Européenne, cette nouvelle dérogation obtenue à Bruxelles - comparable à une subvention - semble satisfaisante. La quantité de rhum français disponible dans l’Hexagone, en contrepartie d’une fiscalité minorée (40 % de taxes spécifiques sur les spiritueux en moins), passe à partir de cette année de 90 000 hl d’alcool pur à 108 000 hl. Officiellement accordée au 1er janvier, cette mesure comportait un volet rétroactif sur 2007. Dillon et Damoiseau ont ainsi pu reprendre leurs livraisons de ce côté de l’Atlantique en décembre dernier alors qu’elles étaient « à sec » depuis le début de l’automne.
Si certains opérateurs très dynamiques souffraient manifestement de leur restriction, d’autres semblaient avoir de la marge de manœuvre avant de remplir leur quota. « Tous les producteurs étaient pourtant en train de réaliser leur contingent depuis trois ans, insiste Jean-Claude Cantorné. Cela a d’ailleurs été un argument pour nous permettre d’aboutir dans notre négociation au plan européen ». Pour obtenir plus, il fallait en effet justifier d’une forte demande ! Mais comment l’ensemble des intervenants parvenaient-ils à atteindre leur maximum ? Explication : les volumes qui bénéficient d’une taxation allégée sont accordés par distillerie et non par marque. La nouvelle répartition a d’ailleurs été détaillée par site de production. Les entreprises qui ne réalisent pas tout leur contingent via leurs propres références, écoulent le reste de leurs disponibilités en alimentant le segment des MDD et des premiers prix. Ce marché « tampon » de l’entrée de gamme, aujourd’hui en chute à cause des difficultés d’approvisionnement, équilibre plus ou moins la réussite des marques. Et si un distillateur, voulant à tout prix accompagner le succès de ses produits, décidait d’expédier plus que son contingent ? Rien ne lui interdit en théorie. Il s’acquitte alors en Métropole d’une taxation pleine sur l’alcool de 8 € pour un litre à 55° contre 4,60 € habituellement. Mais une telle option, quasiment jamais mise en œuvre, ferait perdre toute rentabilité au rhum des DOM. « Notre filière supporte des coûts de production beaucoup plus élevés que nos concurrents brésiliens ou indiens, argumente le président de l’interprofession. La France a accepté une perte de recettes fiscales pour préserver une agriculture et soutenir une économie. » Comme elle s’était déjà posée en 2002, la poursuite de ce système dérogatoire sera à nouveau débattue en 2012. Les Français gagneront-ils encore la bataille des quotas ? D’ici là, l’essor du marché pourrait même pousser les Antillais… à demander plus !

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