Conjoncture

Le champagne sous pression

29 mai 2008 - Jean-Louis Laboissière

Les chiffres sont parfois trompeurs. Après le record absolu de 2007 où 339 millions de cols (+ 5 %) ont été écoulés à travers le monde, les expéditions de champagne pour janvier et février 2008 sont encore orientées à la hausse (+ 1 %). De quoi calmer les pessimistes qui imaginent le « roi des vins » au bord de la crise ? Pas vraiment. D’abord parce que cette toute dernière évolution, qui porte sur des volumes réduits, montre que la croissance ralentit. Mais surtout, cet indicateur global masque une grande disparité entre les volumes qui concernent l’Union Européenne (+ 11 %) et le grand export (- 11 %) tandis que la France se situe dans la moyenne (+ 1 %). C’est là un net retournement de tendance pour les destinations les plus éloignées de l’Hexagone. Celles ayant notamment permis au champagne de connaître le succès ces dernières années. « Les difficultés viennent surtout des Etats-Unis où elles ont démarré dès le printemps 2007, commente Daniel Lorson, responsable de la communication du Comité Interprofessionnel des Vins de Champagne (CIVC). La chute du dollar a eu un effet catastrophique tandis que la crise financière a fortement influencé le moral des ménages. » Ce coup de froid venu d’Amérique pourrait annoncer d’autres soucis alors que l’économie mondiale connaît presque partout un ralentissement. « Les prévisions sont difficiles à faire pour 2008, reconnaît-on au CIVC. On s’interroge et on s’inquiète chaque année et pourtant les ventes continuent d’augmenter et le marché ne cesse de monter en gamme. » Reste que l’inflation préoccupe de plus en plus l’interprofession. Justifiée ou pas, la valse continue des étiquettes pourrait dans le contexte actuel détourner la clientèle. « Même si jusqu’à maintenant les consommateurs ont suivi, les Champenois doivent faire attention à la hausse des prix quelle que soit la difficulté à se procurer du raisin », insiste Daniel Lorson. La médiatisation incessante des cuvées de prestige et le lancement de flacons à prix d’or comme l’édition limitée « By and For » de Perrier-Jouët à 50 000 € les 12 bouteilles sont-ils de nature à calmer les tarifs ?

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