Acquisition

La victoire Absolut de Pernod Ricard

11 avril 2008 - Benoît Moreau

« La différence avec nos concurrents s’est faite sur le prix ». C’est par ses mots que Patrick Ricard a expliqué le rachat par son groupe de la plus convoitée des marques de vodka. Pour acquérir Absolut dans le cadre de la privatisation de Vin & Sprit (V&S) par le gouvernement suédois, Pernod Ricard a eu la main lourde. L’opérateur français a déboursé 5,6 milliards d’euros. Un rachat colossal pour un groupe qui génère 6,44 milliards d’euros mais qui lui offre une nouvelle dimension au plan international. Grâce à l’apport des 10,7 millions de caisses d’Absolut vendues à travers le monde, Pernod Ricard talonne le numéro un Diageo. « Nous sommes désormais leader sur le segment des marques de spiritueux premium », ajoute Patrick Ricard. Mieux : le Français atteint enfin son rêve américain. Aux Etats-Unis, il passe de la quatrième à la deuxième place avec 13,8 % de part de marché devant Bacardi (12,2 %) et Beam (9,7 %). Dans ce pays, Pernod Ricard peut bien sûr compter sur les cinq millions de caisses écoulées par Absolut ainsi que sur les 600 000 caisses de rhum Cruzan également détenus par V&S.Seul bémol : Pernod Ricard n’aura pas entièrement les coudées franches pour la commercialisation d’Absolut et consorts. Aux Etats-Unis, sa distribution est assurée par Future Brands, joint-venture entre V&S à 49 % et Fortune Brands à 51 %. Le contrat n’arrivera à échéance que début 2012. Dans nombre de pays européens, V&S est également rallié au réseau Maxxium détenu à parts égales avec Fortune Brands, Rémy Cointreau et The Edrington Group. De la même manière, Pernod Ricard continuera à distribuer, pendant une période de transition, la vodka russe Stolichnaya. Laquelle pourrait prochainement entrer dans le giron d’un de ses concurrents directs. Pas simple à gérer ! « Les marques de V&S devraient sortir de Maxxium au plus tard au bout de deux ans pour un coût qui ne devrait pas dépasser la vingtaine de millions d’euros », tempère Pierre Pringuet, DG de Pernod Ricard, histoire de rassurer les analystes financiers.Les dirigeant de Pernod Ricard s’évertuent d’ailleurs à rappeler que leur groupe a déjà fait ses preuves en matière de rachats majeurs. « Avec un endettement après acquisition de 12 milliards d’euros, nous nous situons au même niveau que lors du rachat de Seagram en 2001 et d’Allied Domecq en 2005 », précise Pierre Pringuet. Fort de cette expérience, Pernod Ricard espère mettre trois ans pour ramener sa dette à quatre milliards d’euros. La seule fusion de V&S au sein du groupe devant déboucher sur des synergies annuelles de l’ordre de120 à 150 millions d’euros. Sous entendant que malgré le prix, le rachat d’Absolut s’avère être une bonne affaire.

Rayon Boissons - Formules d'abonnement

LE MAGAZINE DES BOISSONS EN GRANDE DISTRIBUTION

  • L’expertise du seul magazine dédié aux boissons en GMS
  • De nombreux reportages en magasins, enquêtes et dossiers produits
  • L’évolution chiffrée et les tendances fines du rayon liquides et vins

Profitez d'une offre découverte 3 mois