La filière des spiritueux demande des mesures fortes

15 mai 2020 - Ugo BRUSETTI

La Fédération française des spiritueux sollicite l’aide du gouvernement pour soutenir les entreprises de la filière durement touchées par la crise sanitaire. Quatre mesures sont demandées pour cela.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon la Fédération française des spiritueux (FFS) - qui compte près de 250 membres -, parmi les entreprises qui produisent des boissons spiritueuses seulement 14 % n’ont pas fermé de lignes de production durant le confinement. Beaucoup ont dû recourir au chômage partiel. Un arrêt brutal suivi d’une relance progressive des activités qui doit s’étaler jusqu’à la fin du mois de mai.

Il reste néanmoins des points critiques. Le secteur des cafés-hôtels-restaurants (CHR) demeure fermé. « Plus d’un quart des entreprises de notre secteur dépendent à plus de 30 % des ventes dans ce réseau », précise la FFS dans un communiqué. « À l’export, plus d’une entreprise sur quatre a subi une perte de plus de 40 % de son chiffre d’affaires du fait du ralentissement du commerce international et des problèmes logistiques », ajoute la fédération.

Face à ces difficultés, la FFS a donc demandé au gouvernement de prendre quatre grandes mesures spécifiques « notamment pour accompagner la relance », souligne Jean-Pierre Cointreau, Trésorier à la Fédération française des spiritueux et par ailleurs PDG d’Iconic Nectars. D’où la demande d’exonération de charges patronales pour les entreprises de spiritueux dont l’activité dépend essentiellement du réseau CHR et de la vente directe ainsi qu’un appel à la relance de l’investissement en favorisant le développement de provisions réglementées au sein des bilans des entreprises.

Les deux autres mesures, plus symboliques, auront certainement du mal à trouver un écho positif. La première vise à abaisser le taux de TVA sur les boissons alcoolisées vendues en CHR. Celui-ci est actuellement fixé à 20 %. « Nous demandons à ce qu’il soit temporairement fixé à 10 % », précise Jean-Pierre Cointreau. Jeudi, lors de l’annonce du plan de relance du tourisme, le gouvernement a refusé la baisse de la TVA à 5,5 % pour les produits alimentaires. Il y a donc peu de chances qu’il réponde positivement à leur requête.

La dernière mesure concerne les modalités de calcul du coefficient de 10% sur le seuil de revente à perte, instauré par la loi Egalim. « Celui-ci est calculé avec les taxes qui, sur nos produits, représentent 70 % du prix, rappelle Jean-Pierre Cointreau. Cela a engendré une forte inflation qui ne profite ni aux producteurs ni aux consommateurs. » Une critique déjà soulevée par de nombreux industriels l’an passé. Mais cette demande a, là aussi, peu de chances d’être entendue.

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