Portrait de Paul-Édouard Pinte, chef de groupe liquides d’Auchan Retail France

8 janvier 2020 - Frédéric Guyard

Arrivé en 1996 comme stagiaire à l’hypermarché de Boulogne-sur-Mer, celui qui aurait pu s’engager dans la marine a finalement embrassé une carrière dans les liquides sous les couleurs d’Auchan. À la tête d’une catégorie qu’il sait menacée, Paul-Édouard Pinte multiplie les réformes pour naviguer en eaux calmes.

Son intervention était particulièrement attendue. Invité d’honneur de la Matinale Rayon Boissons qui s’est déroulée le 28 novembre dernier, Paul-Édouard Pinte, chef de groupe liquides d’Auchan, n’a éludé aucun sujet. Faible dynamique d’enseigne, menaces qui planent sur les boissons comme les EGA ou la consigne, catégories en difficulté à l’instar du vin, moteurs de croissance à favoriser, celui qui préside à la destinée des boissons du groupe de distribution depuis 2018 (cf. encadré ci-contre) est intarissable sur le sujet. Il faut dire que le futur quinqua est tombé dans le rayon à peine sorti des études et surtout d’une préparation militaire assortie d’un service national de 18 mois dans la marine. 
Un parcours qui aurait pu le mener sur les océans. « J’ai finalement mis de côté cet héritage familial pour répondre à une vague de recrutements chez Auchan à l’été 1996, se souvient le Nordiste. Après une période de stage, j’ai intégré l’hypermarché de Boulogne-sur-Mer (62) comme chef de rayon liquides en 1997. » Sept années passées en magasins, – « une expérience unique », dit-il – qui lui servent tous les jours depuis que « PEP » a intégré la centrale en 2004. « J’ai toujours en tête que tout ce que nous développons doit pouvoir se réaliser en magasins », précise l’ancien chef de secteur PGC de Dunkerque (59).


Un groupe de travail pour réinventer les liquides


Ce sens pratique lui sert tout particulièrement aujourd’hui. Depuis le mois de juin 2019, Paul-Édouard Pinte a initié un groupe de travail pour tenter de relancer un marché des boissons qui patine. « De tous les PGC, c’est le secteur qui génère le moins de marge même si le trafic est bon, rappelle-t-il. L’idée est de repartir d’une feuille blanche, de confronter nos idées et de concrétiser les meilleures. » Pour ce faire, il s’est rapproché du terrain puisqu’il officie avec Sylvie Verhaeghe, directrice d’Auchan Leers (59), et Pierrick Kastler, directeur opérationnel du territoire du Haut-Rhin. Cette équipe ne craint pas de bousculer l’existant quand cela s’impose. À commencer par le rayon vins. « C’est sans conteste le linéaire qui va connaître les plus gros changements dans les mois à venir », annonce l’ancien acheteur des vignobles du Sud et de la Champagne. Exit donc les fameux casiers (photo ci-contre) qui ont fait leur temps pour sombrer dans la monotonie. Quant à l’offre, elle pourrait rapidement baisser d’un tiers en arrêtant de « multiplier les propositions par unité de besoins. »
Au rayon spiritueux, la priorité est donnée à la valorisation tandis que les boissons sans alcool et les bières ont encore de nombreux défis à relever. « Le phénomène de naturalité est une révolution au sein des BRSA qui souffrent de la guerre faite au sucre », poursuit ce père de deux enfants qui avoue un faible pour les thés Bos. De nouvelles références qui font l’objet d’un espace dédié en cours de déploiement. Mais le responsable croit aussi beaucoup en l’humain pour booster les ventes. « À Leers, nous allons tester la présence d’un conseiller pour l’ensemble des liquides. Au-delà du vin, il interviendra également sur le sans alcool, les spiritueux ou encore la bière pour laquelle il est essentiel d’apporter des réponses aux clients face à la pluie d’innovations », anticipe Paul-Édouard Pinte, pas vraiment du genre à se laisser déborder.

LE MAGAZINE DES BOISSONS EN GRANDE DISTRIBUTION

● L’expertise du seul magazine dédié aux boissons en GMS
● De nombreux reportages en magasins, enquêtes et dossiers produits
● L’évolution chiffrée et les tendances fines du rayon liquides et vins

Profitez d'une offre découverte 3 mois