Georges Plassat, nouveau PDG du groupe Carrefour

Un virage à 180° ! Les actionnaires du groupe Carrefour, parmi lesquels Bernard Arnault et Colony Capital, ont changé de fusils d’épaule en recrutant Georges Plassat à la tête du numéro 2 de la distribution mondiale. Agé de 63 ans, celui qui a vécu le 18 juin dernier sa première assemblée générale en tant que président directeur général a le profil type de « l’épicier », contrairement à son prédécesseur Lars Olofsson. Ce dernier, qui tire sa révérence chez Carrefour, avait occupé différentes fonctions marketing et commerciale au sein du groupe Nestlé. Son principal défaut étant sa vision trop éloignée du métier de distributeur.

Georges Plassat a passé pour sa part plus de 14 ans dans le groupe Casino pour finir à la présidence du directoire. Avant qu’un différent avec son principal actionnaire Jean-Charles Naouri le contraigne à quitter le navire. Déjà pressenti pour remplacer José-Luis Duran en 2007 à la tête de Carrefour, le nouveau patron connaît bien le groupe de l’intérieur pour y avoir exercé la fonction de directeur exécutif en Espagne entre 1997 et 1999. Mais la fusion entre Carrefour et Promodès le décida à partir pour prendre un an plus tard la direction du groupe Vivarte (Kookaï, André, Minelli, etc.) avec lequel il a obtenu d’excellents résultats.

Car Georges Plassat n’entend pas jouer les seconds rôles.« Dans la négociation, il a certainement obtenu des garanties au niveau de la gouvernance, précise un responsable du secteur. Avec lui, les administrateurs savent à quoi s’en tenir. » L’ex-patron de Vivarte est connu pour être un dirigeant au caractère bien trempé et très différent de son prédécesseur Lars Olofsson au style plus feutré et charmeur. « Sa méthode de management est basée sur l’affectif, explique un ancien collaborateur. Il a dû mal avec la contradiction et n’hésite pas à rabrouer une personne en public avec des mots d’une grande dureté. »

Georges Plassat ne laisse pas insensible et compte certes des détracteurs, mais aussi beaucoup d’admirateurs parmi ceux qui l’ont approché. « C’est certainement la personne qui m’a le plus marqué dans ma carrière professionnelle, précise Eric Brousse, PDG du négoce rhodanien Gabriel Meffre, embauché en 1985 par Georges Plassat comme acheteur dans la division restauration du groupe Casino. Il est exigeant mais juste. Il m’a notamment appris que c’est à travers les détails que l’on découvre une entreprise. »

Pointilleux, précis, méticuleux, il profite des visites sur le terrain pour asseoir son autorité et sa légitimité auprès des équipes. Avec lui, les revues de magasins ne manquent pas de saveurs. « Une chose est sûre, il a cette capacité à entraîner les équipes avec lui », poursuit Eric Brousse.

Vers plus de pragmatisme

Georges Plassat va devoir à nouveau montrer ses talents de management. Car l’ambiance en interne est morose à tous les échelons du groupe notamment en France. Sous l’ère Olofsson, les équipes des hypers ont du faire face à une surenchère de chantiers initiés en partie par James McCann débarqué en 2011. Ce dernier a voulu transposer le modèle Tesco en imposant un édifice centralisateur à l‘anglo-saxonne. Un passage qui aura laissé des traces. Sans oublier le déploiement Carrefour Planet qui a mobilisé une énergie folle et des investissements colossaux pour des résultats franchement décevants.

Aujourd’hui, les hypers Carrefour continuent de perdre des parts de marché. Stopper l’hémorragie demeure la priorité absolue de la nouvelle direction. Pour ce faire, Georges Plassat semble compter sur Noël Prioux, directeur de Carrefour France, qui avec son accord, a entièrement remanié l’organisation des hypermarchés dans l’Hexagone. Ces deux hommes expérimentés et proches du terrain ont une approche très pragmatique. De nombreuses inflexions stratégiques devraient voir le jour au niveau des politiques commerciales et organisationnelles. Le tout tendant vers plus de simplicité.

Mais Georges Plassat doit aussi composer avec les actionnaires et les analystes financiers en manque de résultats. Il pourrait bien leur donner des gages en donnant un tour de vis et en réduisant les effectifs. Ce qui ne manque pas d’inquiéter les syndicats qui craignent la suppression de plusieurs milliers de postes. Le nouveau patron de Carrefour ne devrait pas bénéficier d’un état de grâce trop longtemps.

Yves Denjean

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