Portrait

Dominique Amirault, Président de la Feef

Dominique Amirault mise sur la collaboration plutôt que la confrontation avec les enseignes pour défendre l’intérêt des 700 PME adhérentes à la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France qu’il préside depuis 2012.

Photo DR pour Rayon Boissons

Alors que les négociations commerciales débutent tout juste, l’emploi du temps du président de la Feef s’annonce chargé. C’est sous un Paris pluvieux que Dominique Amirault anime, ce mardi 6 octobre au café Fauchon place de la Madeleine, une conférence de presse axée sur les relations entre les PME et la grande distribution. Un rendez-vous qui marque le début d’un long périple dans la capitale à la rencontre des représentants des principales enseignes.

Aux côtés d’Emmanuel Zeller, directeur de la communication du groupe Auchan, le président de la Feef réaffirme son ambition : « travailler dans la collaboration avec les enseignes plutôt que dans la confrontation ». Une vision qui le distingue de la position d’autres interprofessions d’industriels de l’agroalimentaire comme l’Ania qu’il se laissera aller à qualifier, en aparté, de « fédération de fédération ». Pour autant, Dominique Amirault avoue en être toujours membre et accorde le mérite à ce « syndicat » de « traiter de l’image globale de l’alimentaire » même s’il regrette son manque de contacts directs avec les petites entreprises.

À la tête d’une association de 700 adhérents, cet ambassadeur des PME se veut pragmati­que. « Il faut mettre les mains dans le cambouis et aller de l’avant, déclare Dominique Amirault. C’est à nous de trouver des solutions dans un cadre juridique qui ne convient pas aux petites et moyennes entreprises. » Amateur de métaphore, l’homme qui a pourtant passé son début de carrière dans les cabinets ministériels ne mâche pas ses mots : « la politique est complètement déconnectée du terrain, homogénéisante et standardisante, à l’image d’une collection de prêt-à-porter. Mieux vaut un costume sur mesure… » Les super-centrales ? Elles ne représentent qu’un risque supplémentaire de voir baisser le nombre d’intervenants et donc la diversité… « Nous ne souhaitons pas rentrer dans cette logique », coupe le président de la Feef sur le sujet.

Dominique Amirault se défend toutefois de tomber dans le « small is beautiful ». Il s’attache principalement aux produits et aux hommes qui prennent des risques pour voir leur projet mené à bien. Il envisage d’ailleurs les relations commerciales sous une dimension humaine et à travers une démarche commune. « Les clients constituent notre carnet de commandes, rappelle-t-il. Il faut prendre en compte la spécificité de chaque distributeur. »

C’est pourquoi il anticipe au mieux les négociations commerciales annuelles en signant préalablement des chartes avec les enseignes. Une démarche visant à se prémunir des mauvaises surprises de dernière minute et à instaurer un climat de confiance entre les différents acteurs impliqués. « Nous donnons les atouts aux meilleurs afin qu’ils s’échappent du peloton », imagine encore le président de la Feef.


Homme du vin

Souvent sollicité et mis sur le devant de la scène, Dominique Amirault se montre moins disert quand il s’agit de parler de son parcours d’entrepreneur. Le sexagénaire a pourtant à son compteur plusieurs expériences en tant que dirigeant d’entreprise dans des groupes viticoles comme les Salins du Midi (Listel) et la maison Ackerman. Il est aujourd’hui investi dans l’un des plus beaux domaines du vignoble de la Loire, à savoir Amirault-Grosbois. Il confiera finalement avoir d’autres projets en cours qu’il préfère taire étant donné la « difficulté d’entreprendre en France ». Le défenseur des PME de l’agroalimentaire sait se faire petit.

Justine Bessaudou

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