Alain Laborderie, adhérent Intermarché et Administrateur de la catégorie Vins et Champagnes

Mousquetaire et fier de l’être. Le pin’s d’Intermarché accroché à sa veste, Alain Laborderie affiche clairement ses couleurs au moment de présenter aux adhérents de l’enseigne la sélection de la foire aux vins 2009. Il s’agit là de son dernier salon interne. Une manifestation qu’il a lui même initiée pour, dit-il, « que les propriétaires de magasins et chefs de rayon liquides “ s’approprient ” davantage les produits à vendre durant les opérations d’automne ».

Le premier salon voit ainsi le jour en juin 2002. Au même moment, Alain Laborderie prend en charge la communication auprès des points de vente pour qu’ils constituent la meilleure sélection possible. « Le salon, la régionalisation de l’offre pensée par les acheteurs ainsi que le catalogue interne mis en place depuis 2006 ont fait des foires aux vins un véritable succès commercial pour Intermarché », raconte fièrement Alain Laborderie. Au moment de tirer sa révérence, l’administrateur de la catégorie vins et champagnes mesure pleinement le travail accompli depuis son intégration de la cellule achat en 1999.

Car avant de devenir Mousquetaire en 1997 en reprenant le magasin de Chelles (77) en Région Parisienne, Alain Laborderie a exercé, comme un bon quart de ses confrères, le métier de boucher pendant plus de 30 ans. « J’ai effectivement intégré la boucherie familiale comme apprenti à 15 ans avant de prendre la suite de mon père à 23 ans, se souvient Alain Laborderie. Ce fût pour moi un premier défi avec 11 salariés et un héritage lourd à porter qu’il a fallu fructifier. » Mais il faut croire que ce natif du Sud-Ouest aime la difficulté. Plus que l’amour du métier, c’est son envie de développer l’affaire qui le pousse à se tourner vers la boucherie industrielle à Saint-Thibault-des-Vignes (77). Il y monte un atelier de désossage. En 1993, il revend son entreprise qui compte alors 30 bouchers.

C’est le moment qu’il choisit pour « s’engager » chez les Mousquetaires en suivant le cursus classique. Une formation de futur adhérent durant l’année 1994 est nécessaire à l’obtention de son agrément en février 1995. Il s’en suit une période de stage en magasins pendant près de deux ans avant de racheter, en janvier 1997, l’Intermarché de Chelles. Un « petit » point de vente citadin de 700 m2. « Bien souvent, la logique consiste à développer son affaire avant de la revendre, d’empocher une plus-value financière et de racheter plus grand, souligne Alain Laborderie. Pour ma part, j’ai raté le coche en 2002 lorsque j’ai eu l’opportunité de reprendre l’Intermarche de Saint-Thibault-des-Vignes. Je n’ai pas osé revenir dans la commune où se trouve mon ancienne boucherie. Il se trouve, et j’en suis ravi pour l’adhérent, que le chiffre d’affaires du magasin a doublé en l’espace de cinq ans. »

Pas nostalgique pour autant, il avoue d’ailleurs, quelque peu gêné, que le métier d’adhérent n’est pas celui dans lequel il s’est le plus épanoui. « En revanche, mon tiers-temps consacré au fonctionnement de l’enseigne a été un tremplin et m’a offert la possibilité de m’adonner à ma passion, le vin », poursuit Alain Laborderie.

Un retraité vigneron

En 1997, alors que l’enseigne planche sur le fameux projet de singularisation de ses points de vente, plusieurs sections de travail lui sont proposées dont celle du rayon vins. Voilà enfin l’occasion de mettre en pratique les nombreuses connaissances acquises à titre privé. « C’est mon père qui m’a transmis l’amour d’un produit pas comme les autres, avance-t-il. Mais c’est en 1984 que j’ai étendu mes connaissances en intégrant les cours de dégustation de Jacques Vivet à Paris. J’y suis allé pour le plaisir et mon professeur de l’époque est plutôt satisfait de son élève ! »

À tel point que l’ex-stagiaire a décidé de passer du côté de la production. « Il est temps pour mon épouse et moi de faire “ un métier de retraité ”, poursuit-il amusé. Celui de vigneron dans le Beaujolais est tout indiqué. Je viens d’y acheter deux hectares en moulin à vent et nous allons rapidement chercher à étendre le domaine. » Le premier millésime verra le jour d’ici quelques semaines.

Avant de rendre sa cape, le Mousquetaire doit toutefois s’atteler à la cession de son magasin de Chelles. « Ce devrait être bouclé juste après l’agrandissement du point de vente qui va passer de 700 à 1 500 m2. » Histoire de revendre, même 12 ans après, son affaire après l’avoir considérablement développée. Il avait une revanche à prendre.

Frédéric Guyard

Rayon Boissons - Formules d'abonnement

LE MAGAZINE DES BOISSONS EN GRANDE DISTRIBUTION

● L’expertise du seul magazine dédié aux boissons en GMS
● De nombreux reportages en magasins, enquêtes et dossiers produits
● L’évolution chiffrée et les tendances fines du rayon liquides et vins

Profitez d'une offre découverte 3 mois