L’édito de la rentrée

Vers une guerre « froide » des prix

24 août 2015 - par Benoît Moreau, rédacteur en chef

Durant l'été, les transferts au sein des euro-centrales ont ressemblé à ceux des footballeurs pendant l'intersaison. Après le retour en juin de l'Allemand Rewe au sein de Coopernic suite à son rabibochage avec Leclerc, c'est Alidis qui accueille le Belge Colruyt, l'Italien Conad et le Suisse Coop. Ces nouvelles adhésions, effectives depuis août, permettent à la structure créée par Intermarché, Eroski et Edeka de totaliser 140 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Soit autant que la centrale EMD du groupe Casino ou qu'Auchan, Système U et Metro réunis (cf. N° de juillet-août 2015 p. 10). Dans cette course à la puissance d'achat, Leclerc tentera peut-être de débaucher le Néerlandais Ahold. Lequel fusionnera l'an prochain avec le Belge Delhaize, également membre de Coopernic.

Grosso modo, les principales centrales européennes vont désormais pouvoir s'affronter à armes égales. Les mouvements de concentration sur les approvisionnements en France l'an dernier avaient déjà débouché sur un rapport de force quasi similaire entre quatre grands blocs.

Il va sans dire que la multiplication des alliances européennes et hexagonales renforce un peu plus le poids des distributeurs vis-à-vis de leurs principaux fournisseurs. Le phénomène a toutefois le mérite de figer le paysage des achats. Ce qui à terme pourrait déboucher sur une sorte de guerre froide des prix. Les distributeurs français se satisferaient volontiers d’un statu quo sur fond de « ni baisse ni hausse ». Maintenant qu'il a retrouvé le chemin de la croissance des ventes sur le second trimestre 2015, même Géant Casino semble vouloir se convertir à cette « realpolitik », moins de deux ans après son brutal repositionnement tarifaire qui a entraîné toutes les enseignes dans une spirale déflationniste sans précédent. Son directeur général a ainsi reconnu avoir stabilisé la baisse des prix (cf. notre enquête exclusive à paraître dans notre N° de septembre 2015). Signe d'une volonté d'apaisement, Géant accepterait de faire « reset » sur les code-barres. Une pratique qui permet aux industriels, en accord avec les enseignes, d’augmenter le prix cible de certains articles sans être repéré par les comparateurs et que refusait jusque-là d'appliquer le groupe Casino. Comme quoi...

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